Près de deux ans après le début de la crise sanitaire, le secteur de l’événementiel continue de payer un lourd tribut. A Montpellier comme ailleurs, soumis à un stop and go sans visibilité ni garantie, les professionnels jonglent comme ils peuvent. Et les salles de spectacles et autres congrès jouent la carte de l’adaptation permanente en fonction des consignes gouvernementales. Décryptage.En décembre dernier, le rideau était une nouvelle fois tombé sur le secteur événementiel, privant de nombreuses professions et des salles de congrès, de sport ou de spectacle de leur activité. Un Noël sans fête et une nouvelle année qui commençait dans l'inquiétude et l'incertitude.
« Tout s'est vraiment arrêté après la prise de parole du gouvernent fin novembre : la semaine du 30 novembre, nous avons fait nos derniers événements,se souvient Grégory Blanvillain, dirigeant de l'agence montpelliéraine spécialisée en événementiel, Com'Event, et président de ducollectif régional Repère engagé pour le développement de la filière événementielle sur l'arc méditerranéen(novembre 2020). On a essayé de reporter ce qu'on pouvait mais ce n'est pas facile... En janvier 2022, avec les nouvelles restrictions, c'est l'arrêt total ! Aucune cérémonie de vœux, notamment institutionnelles. C'est même le premier trimestre où il n'y a plus rien ! »
« L'enjeu 2022-2023, c'est de dégager de la marge »
Selon le dirigeant, qui connaît bien sa filière régionale, le moral des troupes est au plus bas, notamment en raison d'un manque de visibilité, « avec ce que ça entraîne sur le personnel, c'est à dire de la lassitude et des salariés qui se posent des questions sur leur intérêt à rester dans cette branche ».
« Les entreprises de l'événementiel ont étébien soutenues à partir de fin 2020 et jusqu'à mai 2021 par le fonds de solidarité,ajoute Grégory Blanvillain.Le problème, c'est le manque à gagner de la fin 2021 qui va poser problème au moment de rembourser les PGE et les dettes. La victoire, c'est de pouvoir amortir le PGE sur dix ans. Mais l'enjeu de 2022 et 2023, c'est de dégager de la marge, en sachant que le coût des matières premières a augmenté, tout comme le coût du personnel si on veut en trouver. Et tout ça dans un système sans visibilité. »
Dans son agence, l'année 2021 a été bonne grâce aux aides de l'Etat malgré un chiffre d'affaires « à la hauteur... d'il y a dix ans, soit 340 000 euros contre 1,6 million d'euros en 2019 et 640.000 euros en 2020 ». Avec aucune activité depuis fin novembre dernier et encore quatre ou cinq mois sans travailler, les perspectives sont peu réjouissantes pour les quatre salariés de la petite agence.
« Il faut retrouver la motivation,soupire Grégory Blanvillain, qui ne se laisse pourtant pas abattre. Nous sommes devenus société à mission, et nous allons proposer de nouveaux produits pour des événements écoresponsables. C'est presqu'un redémarrage. »