La filière de production de foie gras dans le Gers s'avance-t-elle vers une fin d'année compliquée ? Trois pays ont pris la décision de suspendre des produits issus de la filière avicole française et même de toute la filière volaille, et pas des moindres. Il s'agit du Japon, du Canada et des États-Unis, trois pays friands des produits français autour du canard. Hors Union européenne, le Japon apparaît même comme le principal importateur de foie gras français selon des chiffres de 2022.
« Avec la filière, nous avons fléché les pays sensibles pour expliquer la démarche française. Nous avons adopté une stratégie de totale transparence sur le plan sanitaire. L'idée est de rassurer ces pays et de lever les blocages, il est question de faire de la diplomatie sanitaire. Pour le Japon, il s'agit uniquement d'une période d'observation », tient à rassurer Marie-Pierre Pé, la directrice générale du Cifog, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras.
Ces trois marchés ont en effet réagi à une nouveauté totalement française, à savoir le lancement début octobre d'une vaste campagne de vaccination contre l'influenza aviaire, plus communément dénommée grippe aviaire. Rien que sur l'année 2023, ce sont 64 millions de canards qui vont être vaccinés en France, avec une première injection à 10 jours de vie et un rappel à 28 jours, selon le Cifog.
« C'est une première en Europe (...) Il faut simplement expliquer à ces marchés que nous protégeons nos animaux. Rendre cette démarche acceptable est un réel travail, mais il faut prendre conscience que nous étions dans un niveau de difficulté énorme. Les producteurs ne supportent plus cette pression psychologique et la peur du vide sanitaire. Beaucoup voulaient abandonner sans ce vaccin, certains ne sont pas repartis », témoigne Benjamin Constant, producteur de canard à Sainte-Radegonde, à proximité de Fleurance (Gers), et président national d'une association de producteurs.