[Article publié le jeudi 05 octobre à 17H05 et mis à jour le vendredi 6 octobre à 09H29] C'est une petite révolution dans le monde des palmipèdes. Lundi 2 octobre débutait la vaccination des canards contre l'influenza aviaire. Plus connue sous le nom de grippe aviaire, elle a décimé bon nombre d'élevages en France de 2015 à 2017 puis quasiment en continu depuis fin 2020. Des dizaines de millions de volailles ont ainsi dû être euthanasiées dont 32 millions depuis l'été 2021, impliquant des pertes économiques colossales pour les éleveurs concernés.
Un véritable fléau contre lequel la France a brandi l'arme de la vaccination, désormais obligatoire dans tous les élevages de plus de 250 canards (hors reproducteurs).
Mais si c'est un véritable soulagement pour bon nombre de professionnels, la mesure n'est pas sans conséquences pour la filière. Car, paradoxalement, la décision française de vacciner a conduit certains pays à suspendre leurs importations de volailles... Pourtant gage d'une lutte menée contre le virus, la campagne de vaccination n'est pas perçue de la sorte, notamment au Japon où le foie gras français (à 99 % issu du canard) s'est pourtant largement imposé auprès des consommateurs. Il y a « une tradition de la cuisine du foie gras apportée, notamment, par les grands chefs français venus s'y installer », rapporte Marie-Pierre Pé, directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog).
En 2021, l'archipel représentait 6% des exportations françaises se plaçant à la deuxième place du classement des pays (hors UE) importateurs, derrière la Suisse (9%). Il a néanmoins suspendu toutes ses importations de volailles vivantes et de viande de volailles le jour même du début de la campagne de vaccination.