Le constat peut sembler alarmant. Selon une étude confidentielle de la Banque de France, pour le compte du Gifas, une quarantaine d'importants sous-traitants d'Airbus et de Safran sont confrontés à un risque de défaillance. Pour des observateurs de la filière, c'est même les deux tiers des acteurs de la chaîne d'approvisionnement aéronautique présents dans le Sud-Ouest qui ont une trésorerie dans le rouge.
« Nous remarquons que la performance des entreprises, et particulièrement des PME, est meilleure qu'auparavant. Ce qui a changé néanmoins entre 2019 et 2024, c'est le poids des Prêts garantis par l'Etat (PGE) à rembourser, à performance égale. C'est une dette non productive, elle ne se traduit pas par des machines ou des nouveaux bâtiments », constate Philippe Berna, médiateur au sein du Gifas.
L'Ebitda est certainement meilleur, mais les entreprises de l'industrie aéronautique ont des capacités d'investissement grevées par ces remboursements de PGE, alors que la remontée des cadences est bien plus rapide qu'annoncée au début de la décennie en cours.
L'enjeu pour le Gifas est clair : « éviter la cessation de croissance » pour ses membres, résume Philippe Berna. En effet, les donneurs d'ordres risquent de se détourner des fournisseurs qui ne parviennent pas à suivre le rythme. « La perte de capacité d'investissement est fortement ressentie en 2024 et cela sera encore le cas en 2025. Cela ira mieux après », projette Anne-Cécile Brigot-Abbadie, la directrice régionale Bpifrance d'Occitanie ouest.