L'incident a marqué les esprits. En janvier dernier, en plein vol ,une porte-bouchon se détache près des passagers sur un Boeing 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines. En avril c'est un capot moteur qui s'est arraché en plein décollage sur un appareil de la Southwest Airlines. Cette succession de problèmes de qualité a braqué tous les regards vers le constructeur américain. De quoi s'interroger sur la capacité de la filière aéronautique française à maintenir ses standards de qualité face aux cadences ambitieuses d'Airbus : l'avionneur vise 75 A320 par mois d'ici fin 2026, après une chute de 40 % de la production pendant la crise du Covid.
« En regardant l'ensemble des supply chain d'Airbus, d'ATR, de Safran, de Dassault et de grands équipementiers, on note depuis la crise sanitaire une baisse de l'OTD (on time delivery, autrement dit des retards de livraison, NDLR). Mais au niveau de la qualité, à part quelques points traités au cas par cas, nous n'assistons pas à une pandémie de non-qualité », assure Thierry Quillet, délégué général adjoint du Gifas à l'occasion de l'Aeroforum organisé par La Tribune le 7 novembre au sein de l'Enac à Toulouse.
Un constat confirmé du côté du géant des pièces aéronautiques Mecachrome. Le groupe pilote 24 usines employant plus de 4.000 salariés dans le monde et affichant 600 millions d'euros de chiffre d'affaires au compteur.
Le groupe a également mis en place des tuteurs menant des entretiens réguliers avec les nouvelles recrues et son école de formation interne pour mettre à niveau les nouveaux entrants mais aussi faire des piqûres de rappel lorsque les acquis ne sont pas totalement maîtrisés.