Estimé à près de 8 milliards de dollars en 2023, le marché de l'homéopathie est en croissance de 20% au niveau mondial (jusqu'à 30% aux Etats-Unis ou en Asie), contrairement à Europe où il stagne. En France, le séisme provoqué en 2021 par le déremboursement total de l'homéopathie a laissé des traces : le géant français Boiron a dû fermer douze sites régionaux de préparation-distribution (sur 27) et l'une de ses quatre usines de production, et se séparer d'un quart de ses effectifs français (soit environ 600 postes). Si depuis, il a renoué avec la croissance en opérant un virage (nouveaux produits homéopathiques, phytothérapie, assemblage de tests Covid, programme expérimental de cannabis thérapeutique,...), il accuse néanmoins un recul de 7,7% au premier semestre 2024.
Autre acteur majeur du secteur, le groupe suisse Weleda (56 millions d'euros de chiffre d'affaires, 140 collaborateurs), confronté lui aussi à une baisse de 70% de son volume d'activités, a totalement stoppé la production pharmaceutique de son usine française du Haut-Rhin (127 licenciements) et a choisi de se concentrer sur la cosmétique naturelle et l'automédication. Domila, son médicament sur les poussées dentaires, est n°3 des ventes en pharmacie... Si l'homéopathie n'est plus sa priorité en France, le groupe a néanmoins fait des stocks de deux ans jusqu'à trouver, selon Ludovic Rassat, directeur général de Weleda France, « un partenaire qui partagerait nos valeurs qualitatives ». C'est chose faite avec Sevene, laboratoire pharmaceutique cévenol.