En l'espace d'un semestre, sa perte nette s'élève à 9,5 millions d'euros, contre « seulement » un million d'euros un an auparavant. La directrice générale des laboratoires Boiron, Valérie Lorentz-Poinsot, avait prévenu : le déremboursement de l'homéopathie allait peser sur les comptes du spécialiste français, dont le siège est toujours basé à Lyon. « Le délai que nous a donné le gouvernement, à savoir 18 mois, est bien trop court pour une entreprise comme la nôtre, leader mondial dans son domaine. D'autant plus qu'avec la Covid, nous avons dû reporter la mise en œuvre de notre plan social », affichait-elle en septembre dernier.
Résultat ? Son résultat net présente également un creux de -11 millions d'euros, alors que le laboratoire avait jusqu'ici enregistré un bénéfice de 1,5 millions d'euros encore l'an dernier. Et surtout, son chiffre d'affaires baisse à 189,9 millions d'euros au premier semestre, contre 253,6 millions pour la même période en 2020.
Selon Boiron, les ventes auraient ainsi reculé de -25% sur les six premiers mois de l'année, conjuguant ainsi les impacts de la crise sanitaire avec les mesures de déremboursement de l'homéopathie. Depuis 1984, le taux de remboursement de l'homéopathie par l'Assurance Maladie était en effet en France de 65%, et avait déjà chuté progressivement à 35% en 2003, puis 30% en 2011, et enfin 15% en 2020 avant de tout simplement disparaître en janvier 2021.
Par conséquent, le laboratoire Boiron avait annoncé un grand plan de réorganisation touchant l'ensemble de ses sites français en mars 2020, comprenant la suppression de près d'un quart de ses effectifs : 546 suppressions d'emplois avaient d'abord été annoncées sur un total de 2.600 postes en France, principalement au sein des fonctions logistiques et de distribution, comprenant également une réorganisation des forces commerciales.