« Ce qui dangereux pour une appellation, c’est de croire qu’on est les meilleurs » (Régis Valentin, AOC Pic Saint Loup)
Michèle Trévoux
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Régis Valentin, président de l’AOC Pic Saint Loup.
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Régis Valentin, président de l’AOC Pic Saint Loup.
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LA TRIBUNE - L'attractivité de l'AOC Pic Saint Loup s'est considérablement accrue ces cinq dernières années. L'arrivée d'investisseurs extérieurs au monde du vin en témoigne. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Régis VALENTIN - C'est avant tout la qualité de nos vins qui fait le succès de notre appellation. Nous nous sommes imposés un cahier des charges ambitieux qui, conjugué aux conditions particulières de notre terroir, plus frais et arrosé que beaucoup d'autres vignobles de la région, a tiré nos vins vers le haut. Aujourd'hui, tous ces efforts sont récompensés par la bonne valorisation de notre production. Cette réussite économique est un des éléments de notre attractivité. La proximité de Montpellier en est une autre, qui facilite la communication. Et puis, le vin ça fait rêver. Et la crise du Covid a accentué cet engouement pour le retour à la terre. Mais attention, derrière le rêve, il y a la réalité : notre métier est rude. Il faut le savoir.
Cet intérêt pour votre terroir a également pour conséquence une hausse très significative du prix du foncier viticole. La SAFER indique que les prix ont doublé en cinq ans. Comment vivez-vous cette hausse ?
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Il faut rester prudent sur les prix annoncés. Certaines ventes englobent du bâti, qui surenchérit le prix ramené à l'hectare de vigne. La pression sur le foncier est accentuée par la très petite taille de notre vignoble. Nous ne comptons que 1.300 ha en appellation Pic Saint Loup et les possibilités d'extension sont très réduites. La rareté de l'offre contribue à la tension sur les prix. Même s'il se vend des terres à des prix inférieurs à ceux annoncés par la SAFER, il est vrai que les prix sont malgré tout à la hausse et que cela peut poser problème pour les successions des vignerons déjà en place et les installations des jeunes, qui aujourd'hui, se font essentiellement dans le cadre familial. Enfin, n'oublions pas que les vignerons doivent tirer une rentabilité de leur exploitation. Si le prix des vignes est déconnecté de cette réalité économique, c'est dangereux. Ce n'est pas encore le cas aujourd'hui, mais on s'en approche.
Michèle Trévoux