VITICULTURE (1/2) – La récolte viticole s’annonce contrastée en Languedoc-Roussillon. Dans les secteurs irrigués ou ayant bénéficié d’une bonne pluviométrie, les vignerons s’attendent à une jolie récolte en quantité et en qualité. Là où la pluie a fait défaut, le volume est amputé jusqu’à 50% et, dans certains secteurs, les souches n’ont pas survécu à cette sécheresse extrême.Les premières estimations du service statistiques du ministère de l'Agriculture, établies début août, tablent sur une récolte en Languedoc-Roussillon qui pourrait dépasser celle de l'an dernier (12,6 millions d'hectolitres) et son niveau de moyenne quinquennale. Toutefois, la situation est très contrastée au sein de la région, selon que les vignes ont pu être irriguées ou bénéficier d'une bonne pluviométrie.
Le Gard tout comme l'ouest audois font partie des secteurs où les précipitations ont été suffisantes pour permettre un bon développement de la vigne.
«La récolte est plus jolie que celle de l'an dernier,indique Anthony Bafoil, président de la cave de Lédignan dans le Gard. Nous avons commencé à rentrer nos blancs à la mi-août. Les équilibres sont bons, les raisins sont très parfumés. Mais les températures caniculaires de ces derniers jours (du 20 au 23 août, NDLR) nous ont fait perdre du volume. Et il a fallu bousculer nos plannings de récolte car les raisins ont mûri en accéléré. »
Récolte sinistrée en Roussillon
A l'inverse, dans les Pyrénées-Orientales où la sécheresse a atteint un niveau record, on s'attend à une récolte sinistrée qui ne devrait pas dépasser 400.000 hectolitres contre 550.000 hectolitres l'an dernier, ce qui était déjà une faible récolte. Qui plus est, les fortes chaleurs de ces derniers jours compliquent la tâche des vignerons et œnologues, confrontés à des blocages de maturité et des phénomènes de concentration.
« Ce sera un millésime compliqué,confie Laurent Duret, œnologue-consultant à l'ICV de Perpignan. Les raisins ont peu de jus, et il est difficile dans ces conditions d'élaborer des rosés.»
Le consultant constate cependant des différences flagrantes entre les zones plus humides ou irriguées et celles qui n'ont reçu que les maigres précipitations de l'année (150 mm depuis le démarrage de la végétation) : « Dans les Fenouillèdes, qui ont été plus arrosées, ou dans les secteurs irrigués, les volumes sont économiquement viables et on sauvegarde la maturité. L'irrigation contrôlée, c'est la survie du vignoble », estime-t-il.