En 2022, les Directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) ont délivré aux pêcheurs professionnels des départements du Gard et de l'Hérault 40 licences tellines, contre 140 en 2001. Alors même que tous ne pratiquent pas...
A 46 ans, ce pêcheur fait preuve de persévérance. Depuis 1999, il part chaque jour, avant le lever du soleil, sur le gisement du Grau-du-Roi (Gard), des Saintes-Maries-de-la-Mer ou de Beauduc (Bouches-du-Rhône) faire des passes (en moyenne trois ou quatre passes d'une heure chacune), harnaché et équipé d'un filet et d'une drague, pour tenter de ramasser quelques kilos de tellines. Sur le secteur, ils ne sont plus qu'une dizaine à perpétuer ce métier.
« Lorsque j'ai commencé, je faisais une cinquantaine de kilos malgré la concurrence, et aujourd'hui, dans le meilleur des cas, c'est plutôt, une dizaine,s'inquiète-t-il. La telline devient un produit d'exception. Mais si ça continue à descendre, il faudra que je trouve une nouvelle activité. »
Si jusqu'à présent aucune étude n'a été réalisée sur la biologie de la telline en France, le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM) d'Occitanie s'intéresse de près à la raréfaction de ce coquillage. Dépêchée dans le cadre du projet Medfish, dont l'objectif est d'analyser en profondeur les pêcheries méditerranéennes françaises et espagnoles, Mathilde Charpentier a, dans un premier temps, effectué une bibliographie et s'est entretenue avec pêcheurs à pied et mareyeurs avant de se rendre sur le terrain. Depuis janvier, équipée d'un instrument de mesure, elle prélève plusieurs spécimens qui sont ensuite analysés.