Sur le salon Millésime Bio, qui a ouvert ses portes le 29 janvier à Montpellier, les annonces faites deux jours plus tôt par le Premier ministre Gabriel Attal pour calmer la colère paysanne ne sont pas la préoccupation du moment. Certains vignerons, tout à la préparation de leur salon, n'avaient même pas pris le temps d'étudier les mesures promises. Les autres oscillent entre colère et scepticisme...
«L'agriculture devrait être la priorité de notre pays, on peut se passer de tout sauf de l'agriculture qui nourrit la population,tempête Blaise Saint-Germain, ex-propriétaire du Domaine des Aurelles, à Nizas, dans l'Hérault. Et il ne suffit pas de faire de la com' en disant que la cause des agriculteurs est au-dessus de tout, il faut le prouver en attribuant un ministre d'Etat à l'Agriculture. Il faut donner un message fort et accompagner les agriculteurs dans la transition écologique. Plutôt que d'annuler la hausse des taxes sur le GNR, on ferait mieux de détaxer la main d'oeuvre chez les agriculteurs bio, comme ils le font en Allemagne. »
La simplification administrative annoncée par le Premier Ministre a du mal à convaincre. Louise Tangy et Léo Hemmer-Bury, deux jeunes ingénieurs en agriculture qui se sont installés en 2022 sur 20 hectares à Maury (Pyrénées-Orientales), sont plus que sceptiques.
«L'administration est trop dans une logique de contrôle pour que ça change du jour au lendemain,se désolent-ils. Du contrôle, il en faut, mais l'administration doit également être là pour nous renseigner. Nul n'est censé ignorer la loi, mais on ne peut pas tout savoir, d'autant que la réglementation évolue constamment. Et quand on tente de se renseigner, on nous balade d'un bureau à l'autre sans qu'on obtienne une réponse claire et précise. On se sent totalement incompris. Il n'est donc pas étonnant que les mesures annoncées soient à côté de la plaque.»