La viticulture est loin d'être à la fête en cette saison des vendanges, habituellement joyeuse... Comme dans la quasi-totalité des vignobles en France, la récolte 2024 s'annonce peu volumineuse en Languedoc-Roussillon. Dans ses prévisions de début septembre, Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture, table sur 10,6 millions d'hectolitres contre 11,09 millions d'hectolitres l'an dernier et 11,6 millions d'hectolitres en moyenne quinquennale 2019-2023. Cette prévision régionale dissimule de fortes disparités entre les départements.
Dans les Pyrénées-Orientales, la récolte s'établirait entre 350.000 et 380.000 hectolitres, contre 430.000 hectolitres l'an dernier, qui était déjà la plus faible récolte de tous les temps.
«C'est du jamais vu... Avec un rendement moyen de 20 hectolitres par hectare, ce n'est plus viable. Nous avons subi deux années consécutives de très forte sécheresse. Sans irrigation, la vigne ne produit plus. Pire, notre outil de production se dégrade : nous constatons un taux de mortalité de 20 à 30%. Si rien n'est fait, c'est la mort annoncée de la viticulture dans notre département», alerte David Drilles, président du syndicat des vignerons des Pyrénées-Orientales.
Lors d'une réunion houleuse avec le préfet le 16 septembre, les responsables professionnels ont réclamé une aide d'urgence de 45 millions d'euros, en plus des mesures classiques de dégrèvement de la taxe foncière sur le non-bâti (TFNB), d'exonération des cotisations sociales et une année blanche pour les emprunts.