Bruxelles a fini par accepter la demande d’aide à l’arrachage réclamée par la filière viticole. Les responsables professionnels de la région Languedoc-Roussillon redoutent que l’enveloppe prévue ne suffise pas à couvrir toutes les demandes.C'était une demande de la profession. Après plus d'une année de négociation avec l'Europe et l'Etat français, la Commission européenne a donné son feu vert à la France pour la mise en place de l'arrachage définitif des vignes. Doté d'une enveloppe totale de 120 millions d'euros, ce dispositif, exclusivement financé par des fonds nationaux, vise à réduire le potentiel viticole français par l'arrachage définitif de vignes en production, avec un montant d'aide de 4.000 euros par hectare.
«Ce mécanisme permet d'apporter un soutien immédiat face à la crise de marché que traverse le secteur en contribuant au rééquilibrage des volumes de production au regard de la demande», indique le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.
« Les gens n'ont pas le choix»
Dans la région Languedoc-Roussillon, cette mesure est accueillie avec soulagement, mais ne dissipe pas les inquiétudes.
«C'est une satisfaction d'avoir obtenu cette mesure, réclamée par la profession pour faire face à une situation très compliquée, mais je regrette que nous n'ayons pas pu obtenir dans le même temps une aide européenne à l'arrachage temporaire, qui est également une revendication des professionnels, pour soutenir ceux qui veulent rester dans le métier. Mais nous ne baissons pas les bras et nous allons continuer à nous battre pour décrocher cette mesure d'accompagnement», commente Jérôme Despey, président de la chambre d'agriculture de l'Hérault et du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer.
Ludovic Roux, président des Vignerons Coopérateurs d'Occitanie s'inquiète de la taille de l'enveloppe qui pourrait se révéler insuffisante pour satisfaire toutes les demandes : « Cette mesure d'arrachage définitif n'est pas une stratégie, c'est un plan social pour permettre à ceux qui se trouvent dans une situation sociale catastrophique de sortir du métier. Mais l'enveloppe prévue ne suffira pas. Les surfaces qui vont s'arracher ont été sous-estimées car la situation s'est détériorée depuis le printemps, avec la sécheresse qui s'est installée tout l'été. Comme pour un plan social, il nous faut les sommes nécessaires pour satisfaire toutes les demandes car les gens n'ont pas le choix ».