Dans le domaine du vin, la crise de la surproduction résonne un peu partout. Que ce soit dans le Bordelais, où l'arrachage des vignes en avance de phase a servi de test, ou dans les vignobles des Côtes du Rhône, 2e vignoble AOC tranquille de France qui rayonne sur trois régions et six départements (Ardèche, Drôme, Gard, Loire, Rhône et Vaucluse). Car malgré de premières tentatives pour ajuster la production de ses 2,4 millions d'hectolitres annuels à la commercialisation, les prix ne sont pas repartis à la hausse pour les Côtes du Rhône, qu'ils soient rouges, blancs ou rosés...
« En réalité, le point de départ de la crise que nous rencontrons aujourd'hui ne remonte pas à 2023, mais à 2020 et à la crise du Covid, qui a représenté la première inflexion notable dans le ralentissement de la consommation en France, liée à l'incapacité de se réunir et de tenir des événements festifs», estime Philippe Pellaton, président d'Inter Rhône et ex-président du Syndicat des Côtes du Rhône.
Un retard qui n'aurait depuis jamais été rattrapé, et qui se conjugue à un contexte national et international peu favorable. « Nous avons ensuite enchaîné avec des conflits internationaux et une forme de protectionnisme, observée sur des marchés comme les Etats-Unis ou la zone Asie, qui ont perturbé les flux du commerce mondial ». Car bien que l'export ne représentait que 35% des volumes des ventes, les stocks grossissants se sont ensuite vus abonder par une baisse de la consommation française, encouragée par l'inflation.