Après être passée à Perpignan à la mi-octobre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard est venue comme promis dans l’Aude, ce 5 novembre, pour annoncer de nouvelles mesures à destination du secteur agricole. Une visite sous tension alors que se profile un nouvel épisode d'actions d'agriculteurs en colère à partir du 15 novembre.Elle a tenu promesse. Revenue en Occitanie, comme elle l'avait annoncé lors de son dernier déplacement à Perpignan, la ministre de l'agriculture Annie Genevard a effectué plusieurs annonces. Dans le Tarn, elle a d'abord confirmé l'achat par l'État de 2 millions de doses de vaccins destinés à protéger contre la fièvre catarrhale de type 3 qui ne cesse de progresser vers le sud. Après un passage par les filières grandes cultures à Castelnaudary, à la coopérative Arterris lundi soir 4 novembre, elle était attendue de pied ferme à Fabrezan, dans le nord de l'Aude, par les vignerons.
Preuve de cette grande attente au beau milieu de la crise qui secoue le secteur, tout ce que le monde viticole régional, voire national, compte de représentants avait fait le déplacement, comme à Perpignan à la mi-octobre. Alors que se profile un nouvel épisode d'actions d'agriculteurs en colère à partir du 15 novembre, Annie Genevard a ainsi pu expliquer les deux principaux dispositifs déployés pour aider les viticulteurs, un secteur où 20% des coopératives sont dans une situation économique très délicate, de même qu'un tiers des vignerons indépendants.
Le premier outil de soutien, destiné à soulager les trésoreries exsangues, répondant ainsi à une demande forte de l'alliance syndicale majoritaire FNSEA/Jeunes Agriculteurs (JA) : la possibilité de contracter un prêt de court terme que l'État négocie avec les banques pour faire descendre les taux entre 1,5 et 2%, contre plus de 3% sur le marché actuel. Le second est également un dispositif de prêts à moyen terme, cinq à sept ans, garanti par l'État à hauteur de 50%, pour permettre aux exploitations de restructurer leur dette. Elle a également annoncé que le fonds de solidarité de la Mutualité sociale agricole allait être porté de 30 à 50 millions d'euros afin d'exonérer, sous conditions, les agriculteurs les plus en difficulté d'une partie de leurs cotisations sociales personnelles pour l'année 2024.