« Nous sentons un véritable saut de l'industrie aéronautique vers les thermoplastiques », salue Stéphane Zirilli, vice-président au sein de Sogeclair Equipment pour l'activité matériaux innovants (Aviacomp). Alors que se tient cette semaine à Paris le JEC, salon mondial des composites, leur irruption dans le monde aéronautique n'est pas près de s'arrêter : l'A380 contenait déjà près d'un quart de composites et un nouveau cap a été franchi avec l'A350 dont plus de la moitié de la structure primaire est composée de ces nouveaux matériaux.
C'est justement pour répondre aux nouveaux besoins d'Airbus sur l'A350 qu'en 2008 que le groupe Sogeclair a initié une usine à Toulouse spécialisée dans la fabrication en série de trappes d'accès de carburant dans les avions en thermoplastique. « Dans l'histoire de l'aéronautique, ces trappes sont historiquement métalliques. Pour alléger des avions, les constructeurs se tournent de plus en plus vers les composites. L'autre avantage des thermoplastiques est que ce matériau est entièrement recyclable contrairement par exemple aux composites thermodurcissables », souligne Stéphane Zirilli. La société étudie le recyclage des chutes de production qui peuvent être broyées pour fabriquer des granulés et en rechauffant la matière il est possible de former de nouvelles pièces d'avion.
L'usine toulousaine d'une centaine de salariés produit chaque année plus de 13.000 trappes à destination principalement de l'A350 et de l'A220 pour Airbus et du nouveau Falcon 10X de Dassault Aviation. Après un creux d'activité durant la Covid, le site connaît une forte croissance pour suivre les hausses de cadences de fabrication notamment de l'avionneur européen. Son chiffre d'affaires de 19 millions d'euros en 2022 et une croissance de 10 à 15% est attendue pour l'an passé.