Face à une forte croissance, le spécialiste gersois de la maintenance aéronautique Air Support vient de lancer les travaux pour construire deux nouveaux bâtiments industriels et doubler sa surface de production. L'entreprise est en passe de devenir une ETI malgré les tensions sur le marché de l'emploi et les ruptures d'approvisionnement sur certaines pièces détachées.Nouvelle ère pour Air Support. Après une chute de son chiffre d'affaires de 26 millions à 14 millions d'euros la première année de la Covid, l'entreprise gersoise voit désormais son activité exploser. La PME a atteint 47 millions d'euros en mars dernier, soit une progression de 35% sur un an, et prévoit d'atteindre 57 millions au printemps 2025.
Forte reprise du trafic
Ce MRO, sous-traitant spécialisé dans la maintenance aéronautique, bénéficie à plein de la reprise du trafic aérien. L'entreprise est notamment portée par la forte demande sur les avions monocouloirs en réparant le CFM 56 qui équipe les A320 et les Boeing et son successeur, le moteur LEAP pour les motoristes Safran et General Electric, mais aussi de grands MRO comme Air France Industrie, des avionneurs (ATR, Embraer, Dassault) et quelques compagnies aériennes.
« Nous avons aussi gagné de nouveaux marchés », relève Sabine Tertre, présidente d'Air Support. Malgré la crise sanitaire, la société a par exemple fait le choix de continuer à investir en mettant par exemple deux millions d'euros (dont un million d'euros d'accompagnement du plan France Relance) pour développer un nouveau banc d'essais qui lui permet aujourd'hui de « réaliser un saut technologique en proposant à ses clients des réparations sur de nouveaux équipements ».
Air Support bénéficie aussi d'un redécollage en flèche de son activité d'assistance technique sur les sièges des avions neufs, la seule qui avait fait l'objet d'un PSE durant la crise sanitaire.
« Cette activité, qui représente une toute petite part de notre chiffre d'affaires, s'est vraiment cassée la figure au moment du Covid puisqu'il y avait plus de livraisons, d'avions. Ces dernières années, nous sommes passés quasiment de zéro à 4 millions d'euros cette année et nous devrions atteindre 5 millions d'euros l'année prochaine. Nous travaillons beaucoup sur les A350 qui connaissent une remontée en cadence supérieure à celle d'avant Covid où dix appareils étaient livrés par mois avant la crise (avec un objectif de 12 avions par mois en 2028, NDLR). Nous percevons également une progression sur la famille A320 d'Airbus »,relève la présidente.
4,5 millions d'euros pour s'agrandir