En cinq ans, Elon Musk a envoyé 7.000 satellites en orbite pour sa constellation Starlink. Un chiffre vertigineux quand on sait qu'il y a aujourd'hui 10.000 satellites actifs en orbite. Cette mainmise d'une société privée sur l'espace questionne le rôle des agences spatiales.
«Notre rôle a changé par rapport à il y a vingt ans, où cinq agences dans le monde dominaient le spatial. Cette évolution ne touche pas vraiment les missions scientifiques très pointues reposant sur des instruments très complexes mais bouscule le monde des applications spatiales, typiquement dans les télécommunications ou dans certains domaines de l'observation de la Terre. L'industrie est vraiment en tête sur ces sujets et c'est une excellente nouvelle, cela signifie aussi qu'il y a beaucoup de business autour de l'espace», fait remarquer Philippe Baptiste, président du CNES, à l'occasion du Space Forum organisé par La Tribune le 10 septembre à Toulouse.
Un constat partagé par le n°2 de l'agence spatiale japonaise : « Beaucoup de nouvelles start-ups ont émergé ici aussi au Japon. Cela modifie les relations entre l'agence spatiale et le secteur privé. Plutôt que des missions menées par le gouvernement, nous envisageons aujourd'hui d'établir des partenariats public-privé pour les faire naître. C'est l'une des nouvelles options qui s'offrent à nous pour une nouvelle dynamique, plus efficace et peut-être plus rentable », estime Yasuo Ishii, senior vice-président de la Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA).