Ete-vous confiant pour un premier vol d'Ariane 6 programmé cet été ?
La fenêtre de lancement (15 juin/31 juillet, ndlr) n'a pas changé depuis six mois... Le fait de tenir enfin le calendrier illustre bien la reprise en main du programme. Nous allons resserrer la fenêtre incessamment.
Et si jamais, ce n'était pas le cas ?
Il n'y aura pas d'activité en août sur la base spatiale, qui effectuera sa reprise en septembre. Si la date de lancement glisse au-delà du mois de juillet, nous ne pourrions lancer que plusieurs semaines après la rentrée. Il faut à tout prix éviter ce glissement, mais la fenêtre actuelle de lancement est atteignable.
Comment envisagez-vous la remontée en puissance du Centre spatial guyanais (CSG) ?
Au CSG, il va y avoir un changement profond. La base va passer d'une base qui opérait des lanceurs institutionnels développés par l'ESA (Vega et Ariane) à une base où il y aura une grande variété de lanceurs, certains institutionnels, d'autres développés par des entreprises européennes. Nous devons revoir complètement le mode d'organisation de la base et se poser ces questions : qui fait quoi ? Comment les lancements sont-ils financés ? etc... Et puis nous avons beaucoup de projets en cours, notamment la remise en état du pas de tir de Soyuz pour le proposer à des lanceurs moyens.
Avec le premier vol d'Ariane 6, faut-il espérer que les tensions dans le spatial puissent s'apaiser ?
Soyons honnête, la tension dans le domaine des lanceurs est palpable. Retards d'Ariane 6, surcoûts, difficultés techniques de Vega, ambition très forte de nouveaux acteurs poussés par leurs états, nous ne sommes pas au bout de la crise ! Nous allons encore en souffrir pendant quelques années encore, mais il est clair que le lancement d'Ariane 6 sera le début d'un fort rebond. Sur les autres sujets du spatial, les rivalités existent, mais il me semble que ce sont souvent des jeux de postures, mais qu'in fine nous saurons les surmonter. Ce sera le cas, j'en suis certain pour IRIS².