La start-up toulousaine, qui met en location des voitures électriques reconditionnées à destination des flottes professionnelles, lève deux millions d'euros et accueille l’ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari à son conseil d’administration.Après les téléphones portables reconditionnés, c'est au tour des voitures électriques d'occasion expertisées par des professionnels de l'automobile de connaître un succès grandissant en France. Alors que près de la moitié des entreprises ne disposent d'aucun véhicule électrique au sein de leur flotte selon une récente étude publiée par Transport & Environment, les voitures reconditionnées sont considérées comme une alternative plus économique à la location de véhicules neufs pour passer ce cap.
C'est le pari fait à Toulouse par la start-up Evera. Un an après sa création, la jeune société annonce ce lundi une levée de fonds de deux millions d'euros auprès de nouveaux investisseurs stratégiques (Baltis - Groupe Magellim et Newfund NAEH Innopy) et de ses actionnaires historiques (MCapital, AstoryaVC et Eric Ibled, business angel). Par la même occasion, l'ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari rejoint son conseil d'administration.
Evera gère une flotte d'un centaine de véhicules électriques reconditionnés affichant un kilométrage compris entre 20.000 et 30.000 km. « Alors qu'une voiture électrique neuve coûte 20% plus cher à la location qu'un véhicule thermique, le recours à des voitures reconditionnées nous permet de rivaliser avec les véhicules fossiles. Cela revient même moins cher à l'usage vu le prix du carburant », décrit Quentin Fabre, CEO de la société.
Recul du leasing social
Le dirigeant reste persuadé que le prix reste le principal frein à l'essor de la mobilité électrique. Alors que les ventes de véhicules électriques sont moroses ces derniers mois en France, le marché de la location avait connu un énorme boom début 2024 sous l'effet de la mise en place du leasing social qui permettait de louer par exemple 40 euros par mois une Twingo électrique, avant que le dispositif soit supprimé par l'État. « Dès que le véhicule électrique devient accessible, le grand public s'y rue », commente Quentin Fabre.