Dans son analyse des nouvelles organisations du travail, Christèle Marnas, la directrice régionale Languedoc-Roussillon du conseil en immobilier de bureaux Tourny Meyer, ne mâche pas ses mots...
La période post-crise à compter de 2021 a acté de profonds changements dans les organisations du travail, ouvrant un large champ au télétravail, jusqu'alors anecdotique et désormais régulier (en moyenne deux jours par semaine), mais aussi au coworking ou encore au flex office, ces espaces de bureau organisés de manière flexible où la place des salariés n'est plus assignée. Christèle Marnas englobe le tout derrière la notion de « travail nomade ». Dans les entreprises, une nouvelle réflexion s'est ouverte sur leurs besoins réels et sur l'avenir de leurs bureaux avec une question : comment ajuster les surfaces pour tenir compte de la diminution du nombre de collaborateurs présents simultanément sur site ?
«Même si des études sur le télétravail ont démontré une perte de productivité en raison de la perte des interactions qui nourrissent le quotidien des salariés ensemble au bureau et même si c'est l'enfer pour les managers commerciaux ou pour la créativité,on ne reviendra pas en arrière sur le travail nomade, tout le monde a trop pris goût à la liberté que cela procure »,ajoute Christèle Marnas, rappelant que «le télétravail, c'est partout sauf au bureau : en coworking, dans le train, à la maison, dans un bar ».
Ce n'est pas Nordine El Ouachmi, le fondateur et dirigeant de Bureaux & Co à Montpellier, qui la contredira : « Le télétravail n'est pas forcément du home-office... Aujourd'hui, les entreprises mettent en place des politiques de coworking qui visent à permettre aux salariés de travailler au plus proche de chez eux tout en bénéficiant des mêmes ressources qu'en entreprise ».