Dans le Gard rhodanien, territoire très identifié en industrie nucléaire, un nouveau venu vient d’annoncer son implantation. L’entreprise française Newcleo, qui s’inscrit sur le segment des réacteurs modulaires avancés de génération IV refroidis par du plomb liquide et alimentés par des matières nucléaires valorisables, va installer près du site du CEA Marcoule un centre d’innovation et de formation à horizon 2026.Le 17 mars dernier, le Conseil de politique nucléaire (CPN), présidé par Emmanuel Macron, a demandé à EDF, Framatome, Orano et au CEA de remettre « un programme de travail et une proposition d'organisation industrielle pour la fin de l'année 2025 » portant sur un réacteur à neutrons rapides, sur la base d'une technologie permettant de fermer le cycle du combustible nucléaire. De quoi se passer, à terme, des importations d'uranium naturel dont la disponibilité des ressources d'ici à la fin du siècle demeure incertaine, et ainsi de favoriser la souveraineté énergétique de la France.
Une déclaration qui vient conforter la trajectoire sur laquelle s'est inscrite l'entreprise française Newcleo, qui venait alors juste d'annoncer son implantation à Chusclan (Gard), à côté du site du CEA de Marcoule, pour y construire un centre d'innovation et de formation autour de cette technologie.
«Le CPN confirme la volonté de soutenir lesréacteurs modulaires avancés de génération IV,lesAMR, et la possibilité de créer, dans la décennie 2030, un réacteur de démonstration, ce que nous voulons faire, et il confirme la volonté de lancer des réflexions sur la fermeture du cycledu combustible nucléaire MOX, qui est le cœur de notre projet,analyse Cédric Barba, directeur général des filiales françaises de Newcleo et directeur du développement industriel. C'est un signal très positif. »
Du plomb à la place du sodium
Créée en 2021, Newcleo se positionne sur la conception et l'exploitation d'AMR refroidis par du plomb liquide et alimentés par des matières nucléaires valorisables. Née à Lyon, la société a délocalisé son siège à Paris en septembre dernier. Ses 1 100 salariés sont répartis entre la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Belgique, la Suisse et la Slovaquie.
Cédric Barba a rejoint Newcleo, présidée par Stefano Buono, en décembre dernier, avec dans ses bagages, notamment, une expérience de la gestion des grands projets d'investissements chez Orano (acteur du combustible nucléaire). Il revendique, chez Newcleo, « une double culture technique : celle des réacteurs rapides et de la fabrication du combustible MOX en France, et celle des réacteurs au plomb en Italie ».
Cécile Chaigneau, avec Marine Godelier et Juliette Raynal