Se passer totalement des importations d'uranium naturel pour faire fonctionner les réacteurs du parc atomique tricolore. C'est ce que doit permettre la fermeture du cycle du combustible nucléaire voulue par la loi de 2006. Et surtout, ce à quoi tendait le programme de recherche Astrid (acronyme d'Advanced sodium technological reactor for industrial demonstration) abandonné en 2019 par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies nouvelles (CEA) lors du premier mandat d'Emmanuel Macron.
Six ans plus tard, le même président entend bien faire renaître ce programme à l'heure où la disponibilité des ressources en uranium naturel soulève de nombreuses questions dans un contexte géopolitique tendu. Le Conseil de politique nucléaire (CPN), qui s'est tenu lundi sous l'égide du chef de l'État, a, en effet, acté la relance « d'un programme de travail en ce sens », a indiqué l'Élysée dans un communiqué de presse. EDF, Orano, Framatome et le CEA sont ainsi priés de remettre à l'État « un programme de travail et une proposition d'organisation industrielle pour la fin de l'année 2025 ».
« L'État reconnaît enfin son erreur, pointe Henri Wallard, qui a dirigé par le passé l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). C'est un tournant majeur : l'État tient enfin compte des avertissements du Parlement, qui alerte sur ce sujet depuis plusieurs années », réagit-il sur LinkedIn.