L’Elysée plafonne le prix du futur nucléaire et lance un programme « Astrid 2.0 »
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Benoit Tessier
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[Article publié le 17 mars 2025 à 12 h 46, mis à jour à 16 h 10 avec les conclusions du CPN]
Trois ans après le discours d'Emmanuel Macron à Belfort, qui a acté le retour en grâce de l'atome, des décisions majeures viennent d'être prises en Conseil de politique nucléaire (CPN). Cette réunion chapeautée par l'Élysée, qui s'est tenue ce lundi à huis clos, a en effet acté le schéma de financement des six futurs réacteurs EPR2, qui sera soumis à la Commission européenne. Mais aussi le lancement d'un vaste programme pour mettre au point un réacteur à neutrons rapides afin de « fermer le cycle » de l'uranium « dès la deuxième moitié du siècle », à l'instar du projet Astrid, abandonné en 2019.
Sur le financement des prochains réacteurs EPR2, d'abord, le CPN a validé l'option d'un « prêt de l'État bonifié » couvrant « au moins la moitié des coûts de construction », précise la présidence de la République dans un communiqué. Dit autrement, il s'agirait d'un prêt à taux réduit accordé par la puissance publique. Voire à taux zéro durant la phase de construction, comme pour la nouvelle centrale nucléaire de Dukovany, en République tchèque ? Le schéma de financement de ce projet, régulièrement érigé en modèle par le gouvernement, a en effet été validé par l'exécutif bruxellois, a souligné vendredi l'entourage d'Emmanuel Macron.
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Ce système serait en tout cas adossé à un « contrat pour différence » (CfD), c'est-à-dire un prix de vente garanti par l'État pour l'électricité issue des futurs réacteurs. Or, pour la première fois, le CPN a publié un « prix maximal » de vente : celui-ci sera de 100 euros/MWh, en prenant comme référence la valeur de l'euro en 2024, peut-on lire dans le communiqué. Autrement dit, l'inflation à venir ne sera pas prise en compte. Pour l'Elysee, il s'agit d'un « jalon important » qui « permettra de finaliser dans les prochaines semaines les discussions entre l'État et EDF ». Et d'« initier rapidement les échanges avec la Commission européenne, dans la perspective d'une décision finale d'investissement d'EDF en 2026 », contre une échéance fixée à 2025 jusqu'ici.