Face à la crise sanitaire qui impacte durement la filière aéronautique, le groupe Thales n'a d'autre choix que d'ajuster ses effectifs comme le reste des acteurs du secteur. Ainsi, 1 000 emplois sont menacés chez Thales Avionics en France, et plus particulièrement à Mérignac (Gironde) et Toulouse (Haute-Garonne). Pour autant, la direction assure ne pas vouloir procéder à un PSE et en appelle au volontariat et à la mobilité interne. Reste quand même la crainte pour les syndicats de voir ces emplois au final délocalisés dans un nouveau centre d'ingénierie en Inde. Les explications.
Pour donner un ordre de grandeur, Thales AVS emploie 5 300 personnes en France, dont 4 200 rien que dans l'aéronautique et ce sont ces dernières qui sont concernées par ce plan d'économies. "La crise de la Covid-19 a fortement fragilisé certains emplois au sein du groupe Thales, principalement dans le secteur de l'aéronautique civile", justifie la direction, contactée par La Tribune.
Du côté des syndicats, c'est la douche froide. "C'était dans l'air depuis un bon moment, mais nous nous attendions pas à un tel volume", admet un représentant de la CGT. Le syndicat majoritaire de la filiale quant à lui, la CFDT, parle "d'une estimation au doigt mouillé de la part de la direction qui reste encore à travailler".
Appel au volontariat
Alors, afin de débuter les négociations dans le meilleur climat possible, les dirigeants de Thales Avionics ont fait savoir qu'ils ne procéderait pas à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour mener à bien cette restructuration, engagement que La Tribune est en mesure de confirmer.
"Une négociation a été engagée au sein du groupe faisant appel au volontariat des salariés concernés pour adapter l'emploi et éviter les licenciements. Outre le gel de certains recrutements, la diminution du recours à l'intérim et de la sous-traitance,Thaless'appuie sur sa forte expérience dans la mobilité interne pour favoriser les mouvements des talents des activités durablement affectées vers les activités en croissance (notamment dans le domaine de la défense). La politique active de mobilité interne a permis à plus de 1 700 personnes en France, seulement sur l'année 2019, d'évoluer dans le groupe. Aujourd'hui en 2020, 1 100 postes sont ouverts en France chezThales", précise un représentant de la direction auprès de La Tribune.
Soit autant que le nombre d'emplois menacés et l'activité spatiale pourrait d'être l'une des portes de sortie les plus exploitées en raison de la croissance d'activité de Thales Alenia Space, qui vient de décrocher plusieurs importants contrats, notamment dans le cadre du programme européen Copernicus.
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