À dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle, est-ce un nouveau dossier social sensible qui arrive sur le bureau d'Emmanuel Macron ? Après la fermeture annoncée de l'usine Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais), un autre site industriel pourrait connaître un sort similaire dans les prochains mois.
"Lors d'un comité social et économique, du 5 novembre, la direction du groupe a fait savoir son intention de réduire les coûts. Pour la première fois, il a clairement été évoqué le scénario d'une fermeture du site industriel de Bosch à Rodez. Jusqu'à présent, cela s'arrêtait à des réductions d'effectifs", s'inquiète Cédric Belledent, délégué syndical chez Sud et membre de l'intersyndicale.
Cette usine ruthénoise, qui emploie aujourd'hui 1.200 équivalents temps plein, est frappée de plein fouet par la chute de la vente de voitures diesel neuves en France et dans le monde ces dernières années. Pour en arriver à une telle situation, celle qui n'est autre que le premier employeur privé dans l'Aveyron est spécialisée (uniquement) dans la fabrication d'injecteurs pour moteur diesel. Selon nos informations, confirmées par la direction du site, un plan de départs à la retraite anticipés va être activé, causant ainsi le départ de près de 150 personnes d'ici avril 2021. Est-ce une première étape vers la fermeture de "La Bosch" de Rodez, comme elle est surnommée dans ses environs ?
"D'autres signes montrent que nous nous dirigeons vers ce scénario. Tout d'abord, tout un atelier de production a été vidé de ses machines, sans justification franche de la part de la direction du site. De plus, nous sommes loin des engagements de production auxquels doit se tenir le groupe, soit minimum 8% des injecteurs vendus en Europe. Aujourd'hui, nous sommes à 30% de moins que cela", pointe du doigt le représentant du personnel.