« Un métier où il y a peu de femmes, pour moi c'est une motivation. J'ai envie de montrer que nous sommes autant capables que les hommes », lance Noélie. Cette élève au collège des Ponts Jumeaux à Toulouse aimerait intégrer les unités les plus prestigieuses des forces de l'ordre, à commencer par le Raid et la BRI. Mais en ce 8 mars, la jeune fille a ajouté une nouvelle idée sur sa liste de métiers : pilote pour l'Armée de l'air. À l'occasion de la journée internationale des droits de femmes, 200 collégiennes et lycéennes ont été invitées au Delivery center d'Airbus à Toulouse pour rencontrer des « role models » du secteur. C'est le cas par exemple de Pauline Paillaud, responsable essai chez Dassault Aviation. « J'ai suivi un DUT, puis une licence mécanique avant d'intégrer une école d'ingénieurs en alternance. Comme quoi tout est possible même si on n'a pas de très bonnes notes à l'école », explique-t-elle devant un groupe de jeunes filles.
D'après le dernier rapport emploi du Gifas, seuls 24% des postes de la filière aéronautique sont actuellement occupés par femmes. Les disparités sont importantes suivant les emplois occupés. Ainsi, le nombre de femmes tombe à seulement 16% chez les opérateurs et les techniciens d'atelier. Chez les cols blancs, la féminisation est plus prononcée avec 25% d'ingénieures et de cadres. Le chiffre monte à 33% chez les employés et les agents de maîtrise.
« Pour féminiser les métiers, il faut s'y prendre le plus tôt possible, dès le collège », fait remarquer Susan Breton, directrice inclusion et diversité du groupe Airbus. La faible féminisation dans les écoles d'ingénieurs et les formations techniques et scientifiques est en effet l'un des freins sur le chemin de la parité. D'où l'idée de faire découvrir aux collégiennes et aux lycéennes les débouchés possibles à la fois chez les industriels aéronautiques, les acteurs de l'aérien et au sein des aéroports.