Dans les Pyrénées, N'Py fait entrer la Région Occitanie dans son capital
Héloïse Thepaut
Héloïse Thepaut
Même les mastodontes doivent revoir leur modèle économique et leur gouvernance. N'Py, leader du ski dans le Sud-Ouest avec huit domaines skiables et 55% du chiffre d'affaires de l'ensemble des Pyrénées, a fait entrer dans son capital la Région Occitanie et la Banque des territoires en juillet dernier. Chacune des deux entités est devenue actionnaire à hauteur de 7 % au sein de la société d'économie mixte (Sem). Une prise de participation qui atteindra 60%, dont 30% pour le Conseil régional, d'ici la fin de l'année.
Le montant de l'investissement de la collectivité n'a pas été communiqué, il sera constitué après évaluation des besoins des différents domaines. Avec ce partenariat, la Sem espère donc intégrer de nouvelles stations dans les Pyrénées. La société exploite actuellement les domaines skiables de Peyragudes, Piau-Engaly, du Grand Tourmalet, Luz-Ardiden, Gourette, La Pierre Saint-Martin, Rhune et Cauterets. N'Py va aussi guider les petites stations dans leur diversification et favoriser leur commercialisation pour qu'elles s'ouvrent à de nouveaux marchés.
La société est également entrée au capital d'une foncière des Pyrénées pour développer des projets immobiliers dans chaque station. En effet, la chaîne de montagne est confrontée à la fois à un manque de logements et à une offre d'hébergement désuète qui rencontre des difficultés à séduire les touristes. L'objectif de N'Py est de rénover 2 000 lits d'ici deux à trois ans.
Le tout premier hostel Skylodge, de 290 lits, a ouvert l'hiver dernier à Piau-Engaly. Il a déjà totalisé 20 000 nuitées. La société espère pouvoir obtenir, dans les cinq ans à venir, 150 millions d'euros d'investissement auprès de ses actionnaires.
Menacée par le réchauffement climatique et donc le manque de neige, N'Py cherche un nouveau modèle économique en parallèle. La saison dernière l'a confirmée. Celle-ci été marquée par un enneigement tardif avec de lourdes conséquences pour les stations. Si la Sem a limité les dégâts avec un chiffre d'affaires de 50,8 millions d'euros, en recul de 11 % contre 15 % sur l'ensemble du massif, le manque de clients s'est fait ressentir.
Seulement 1,8 million de journées de ski ont été consommées sur la saison 2018-2019 contre 2 066 000 journées ski pour la saison précédente.
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Mais le phénomène est voué à s'intensifier puisque l'épaisseur moyenne de la neige pourrait diminuer de moitié (dans le scénario le plus pessimiste) d'ici à 2050 dans les Pyrénées, selon l'Observatoire pyrénéen du changement climatique.
Pour contrer le manque de neige, N'Py veut abandonner son modèle centré sur la saison hivernale pour adopter un modèle quatre saisons. La société souhaite attirer hors hiver et développe ainsi des activités qui ne sont plus essentiellement basées sur la neige et le ski.
Les stations doivent donc multiplier les animations et les activités diverses telles que la randonnée, le VTT ou encore le ski de randonnée et les raquettes. Piau Engaly, Cauterets, Luz Ardiden et le Grand Tourmalet disposent désormais de circuits balisés pour ces derniers. À Peyragudes a aussi été créé une piste de luge géante.
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La Sem, qui emploie près de 1150 personnes l'hiver, envisage l'entrée au capital de nouveaux investisseurs publics ou privés. La société est en discussion avec la Région Nouvelle-Aquitaine et le Département des Pyrénées-Orientales. De quoi lui permettre de couvrir l'ensemble de la chaîne montagneuse des Pyrénées.
Héloïse Thepaut