Adoptée en novembre 2024, la loi Le Meur durcit les règles des locations courte durée type Airbnb. Dans les villes touristiques comme Montpellier, elle vise à libérer des logements pour les habitants et à rétablir l’équité avec l’hôtellerie. Le maire entend l’appliquer dès cet été, au grand mécontentement de certains propriétaires.Cela fait un moment que le maire (PS) de Montpellier, Michaël Delafosse, dénonce « le bruit des roulettes de valises » sur les pavés. Il incarne, selon lui, l'engouement croissant pour les locations de tourisme type Airbnb qui viennent opposer une « concurrence déloyale » à l'hôtellerie traditionnelle et grignoter le nombre de logements disponibles en longue durée pour les habitants de la ville. Pour l'édile, pas question de transformer Montpellier en une « ville-cadenas » au détriment des habitants, d'autant plus dans un contexte de crise du logement.
La ville fait partie de celles qui, en France, ont opté pour le serrage de vis. Depuis le 31 décembre 2021, l'obtention d'un numéro d'enregistrement est obligatoire pour la location d'un meublé de tourisme sur la commune de Montpellier, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire.
Par ailleurs, les propriétaires d'un bien autre que leur résidence principale doivent demander une autorisation de changement d'usage d'un logement d'habitation vers un logement à usage commercial, « dans la limite d'une seule autorisation pour un seul logement par commune et pour une durée de trois ans reconductible une seule fois », précise la Ville. Et il peut y avoir sanction : une amende de 50 000 euros maximum, accompagnée d'une remise en état des lieux.
Réguler le marché immobilier
Une délibération métropolitaine de décembre 2024 permettra de mettre en œuvre, dès la parution des décrets d'application, les nouvelles dispositions de la loi Le Meur, donnant notamment plus de moyens aux collectivités locales pour lutter contre les abus des locations de tourisme de type Airbnb. Ainsi, a priori dès cet été 2025, ces locations vont-elles être davantage contraintes à Montpellier par la mise en place d'un quota de locations touristiques dans le centre ancien et l'abaissement à 90 du nombre de jours dans l'année où un particulier peut louer sa résidence principale sur une plateforme (contre 120 jours auparavant).