Le jour où tout a commencé (2/5) : Logan, le pari fou de Renault en Europe
Alain-Gabriel Verdevoye
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« Marchera pas », « gagnera jamais d'argent » ! Le pari était osé et personne ou presque n'y croyait. Pourtant, elle existe depuis neuf ans, donnant même naissance à une gamme entière, et c'est l'un des meilleurs contributeurs aux profits de Renault ! Alors... Elle ? La fameuse Dacia Logan, bien sûr. Le constructeur auto français devrait du coup produire un million de voitures de sa gamme à bas coûts « Entry » cette année. Une incontestable réussite qui a ouvert à Renault des marchés où il n'était pas !
À l'origine : un voyage de Louis Schweitzer en Russie. Le PDG de Renault note à la fin des années 1990 que le marché local est dominé par des voitures de conception obsolète mais pas chères, adaptées au pouvoir d'achat local. Germe alors dans son esprit l'idée de proposer une voiture moderne, mais au prix limité à 5.000 dollars... qui deviendront 5.000 euros. C'est moitié moins à l'époque qu'une Renault Clio, beaucoup plus petite. Rude gageure. Quand le patron évoque pour la première fois ce véhicule, en 1998, il se heurte au scepticisme général. Il faut dire que la plate-forme n'existe pas, l'usine susceptible de produire un tel modèle non plus.
Une acquisition pour moins de 50 millions d'euros
Fort de cette intuition, le groupe français reprend, en juillet 1999, 51 % de Dacia, le constructeur roumain en déshérence avec son usine géante de Pitesti (à 120 kilomètres de Bucarest). Pour moins de 50 millions d'euros. À ce moment, le groupe au losange s'engage toutefois à investir plus de 200 millions d'euros à travers deux augmentations de capital. La prise de contrôle de Dacia signe en tout cas une belle revanche de Renault sur... son échec de 1990, quand il avait raté la reprise du tchèque Skoda, soufflé par Volkswagen.
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Dacia n'est pas un inconnu pour Renault. La firme avait été créée en effet par le dictateur Nicolae Ceaucescu au milieu des années 1960 pour produire des... Renault sous licence, R8 en 1968 puis surtout R12 au début de la décennie suivante sous le nom de Dacia 1300. À l'expiration du contrat de licence, à la fin des années 1970, la firme roumaine poursuit seule la fabrication avec de multiples dérivés. Le hic : ce véhicule est bon marché (4.000 euros en 2000) mais d'une qualité déplorable.
Alain-Gabriel Verdevoye