L'inflation, une spectre qui va hanter l'avenir

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Brigitte Granville (DR)
Brigitte Granville (DR) (Crédits : DR)
L'inflation semble être la grande oubliée des politiques monétaires. Pourtant, pour l'économiste Brigitte Granville, au regard de l'Histoire, elle sera inévitable...

Face à tous les problèmes qui affligent l'économie mondiale aujourd'hui, l'inflation semble être le cadet de nos soucis. Dans leur recherche de solutions au malaise économique post 2008, provoqué par le surendettement, les responsables politiques ont raison de mettre l'accent sur la menace de la déflation par la dette, qui pourrait conduire à une dépression.

Cependant, reléguer l'inflation en tant que «  problème d'hier » pourrait saper les efforts des banques centrales en vue de résoudre les problèmes les plus pressants de notre époque - et, à terme, pourrait faciliter la résurgence de l'inflation. La compréhension de la manière dont la Grande Inflation qui a sévi de la fin des années 1960 jusqu'au début des années 1980 a été maîtrisée offre des leçons importantes pour la résolution de problèmes économiques profonds, aussi différents que les nôtre puissent être, et permet de mieux comprendre les dangers qui nous attendent.

Les leçons de l'Histoire

La première leçon utile concerne les attentes. Durant les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la doctrine selon laquelle il fallait choisir entre faible inflation et emploi - basée sur la relation que William Phillips a décrite en 1958 - représentait la pensée économique dominante. Mais la courbe de Phillips s'est révélée  problématique dans les années 1970, quand de nombreux pays ont connu une « stagflation » (des taux élevés à la fois d'inflation et de chômage).

Cet épisode donna raison à Milton Friedman et Edmund Phelps, entre autres, qui avaient déjà commencé à faire valoir que la courbe de Phillips ne représentait qu'une relation de court terme. Si les gens ne s'attendent pas à l'inflation, l'illusion d'un pouvoir d'achat accru peut stimuler l'emploi et la production durant une période relativement courte. Mais une fois que les travailleurs se rendent compte que les salaires réels n'ont pas augmenté, le chômage revient à son niveau « naturel », compatible avec une inflation stable.

Par la suite, les « nouveaux économistes classiques » comme Robert Lucas et Thomas Sargent ont démontré que, lorsque les gens comprennent que l'inflation est manipulée pour générer l'optimisme des marchés, les actions des autorités monétaires perdent de leur impact. Le résultat est une hausse des prix sans création d'emplois.

La Fed joue sur l'anticipation

Ces idées, combinées avec une pratique politique efficace...

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Commentaires
a écrit le 29/08/2013 à 9:30 :
Mme ne comptez pas sur les éditorialistes pour la réclamer , travaillant pour des puissants ils savent jusqu ou ils ne doivent pas s aventurer.
Réponse de le 27/09/2013 à 9:34 :
L'augmentation du nombre de suicides, de candidats à l'expatriation ou de SDF ayant abandonné toute recherche d'emploi devrait expliquer en partie ces chiffres.

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