La transition écologique pousse les entreprises à des alliances inédites
Dominique Pialot
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Le mouvement a d'abord vu le jour dans le monde de l'entreprise. Face à une demande pour des bâtiments, des transports ou des process de production plus vertueux, moins consommateurs de matières premières ou d'énergie, le secteur privé a bien compris l'intérêt d'alliances débouchant sur des offres plus intégrées et plus « vertes ». Ainsi, dans le secteur du transport, on peut voir des constructeurs automobiles, des start-up du co-voiturage, des entreprises spécialisées dans le partage de bicyclettes électriques et la SNCF s'unir pour proposer une « offre de mobilité de porte à porte ».
Mais c'est une alliance autrement plus étrange qui a été annoncée lors du dernier salon de l'électronique de Las Vegas, entre le constructeur automobile Ford, le fabricant d'électroménager Whirlpool et le producteur de panneaux solaires SunPower. Leur programme, baptisé MyEnergy Lifetstyle, vise l'intégration entre les véhicules électriques (et leurs batteries), les appareils électroménagers et les panneaux solaires posés sur le toit des habitations, avec pour objectif une meilleure gestion de la consommation énergétique et surtout une réduction de l'empreinte carbone.
Coopérations hybrides
Et ce ne serait là que le début des coopérations hybrides. Prenant en exemple l'initiative du géant de l'acier Alcoa, la directrice du programme « Business et Société » de l'Institut Aspen voit dans ce type de collaborations entre secteurs naguère étanches la seule voie pour lutter de façon efficace contre la crise climatique et énergétique. Avant d'appliquer son programme de recyclage, Alcoa a en effet instauré une collaboration avec d'autres entreprises liées à l'acier d'une façon ou l'autre, depuis les fabricants de sodas jusqu'aux revendeurs de cannettes, en passant par leurs propres concurrents.
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Et ces alliances a priori contre nature ne concernent pas seulement le secteur privé. En France, plusieurs partenariats se sont récemment noués autour de la transition écologique. Ainsi de l'Institut de l'économie circulaire : soutenue dès son lancement par une soixantaine de structures publiques et privées, entreprises, éco-organismes, établissements de formation confondus, cette initiative a été portée sur les fonts baptismaux par le député écologiste des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert main dans la main avec la sénatrice UMP de Paris (et ancienne secrétaire d'Etat à l'écologie) Chantal Jouanno.
Dominique Pialot