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Pourquoi l'Europe peut remercier les électeurs italiens

Robert Jules

Publié le 28 février 2013 à 16:42 - Mis à jour le 28 février 2013 à 16:51

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En Italie, un majorité d'électeurs s'est portée sur des candidats qui refusent la politique de rigueur et de réformes de Mario Monti soutenue par Bruxelles. Ils en ont vu pour seuls résultats la montée du chômage et la récession économique. Un signal certes inquiétant pour la stabilité politique du pays, mais un signal aussi envoyé à ceux qui refusent d'admettre que la seule austérité à marche forcée peut résoudre tous les problèmes.

Le résultat des élections italiennes donne des sueurs froides au personnel politique de la péninsule. Mais on tremble aussi à Bruxelles, à Berlin, dans nombres d' institutions internationales. Quant aux marchés financiers... Car non seulement dégager une coalition permettant de former un gouvernement stable semble extrêmement difficile, mais la montée en puissance dans l'opinion italienne d'un rejet du programme d'austérité de Mario Monti et de la politique décidée à Bruxelles a de quoi inquiéter.

Le MES ne suffira pas si l'Italie appelle à l'aide

Si l'on cumule les scores réalisés par Silvio Berlusconi et Beppe Grillo, qui ont ouvertement fait campagne contre cette politique là, il apparait que deux tiers des Italiens n'en veulent plus. Cela avait déjà été le cas pour la Grèce, mais ce pays-là n'avait pas réellement le choix car il dépend vitalement de l'aide européenne et du FMI. Le cas de l'Italie, troisième économie de la zone euro, est d'une tout autre nature. D'ores et déjà, le montant du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne suffirait pas à secourir le pays dans le cas où celui ne pourrait plus se financer sur les marchés en raison de de taux élevés.

"J'espère que nous n'allons pas céder à la tentation du populisme à cause des résultats d'un Etat membre particulier", s'inquiétait mardi José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Barroso n'étant pas élu au suffrage populaire, son opinion ne reflète certes que l'option défendue par la techno-structure de la Commission européenne. Il est dans son rôle.

Un dilemme pour la classe politique européenne

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En revanche, la classe politique européenne va, elle, être confrontée à ce dilemme à chaque élection. La campagne menée par Pier Luigi Bersani, le leader du Parti Démocratique, n'aura pas réussi à convaincre suffisamment de ses compatriotes de la possibilité de poursuivre peu ou prou le travail amorcé par Mario Monti tout en tenant compte de ce mécontentement. Quant au président du conseil sortant, qui était descendu dans l'arène politique, il n'aura obtenu que quelque 10% des suffrages exprimés.

Robert Jules

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