Cenntro Motors France : liquidation repoussée de 24 heures
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Le tribunal de commerce de Lyon a mis en délibéré jusqu'à vendredi, 16 heures, sa décision dans le dossier Cenntro Motors France qui emploie 382 salariés. La liquidation judiciaire est inévitable mais sera t'elle assortie d'une poursuite de l'activité, jusqu'au 12 novembre ? Cette prolongation a été demandée par Robert-Louis Meynet, l'administrateur judiciaire, et Charles Croze, l'avocat de l'entreprise, lors de l'audience de ce jeudi. En revanche, Jean-Philippe Reverdy (le mandataire judiciaire et futur liquidateur), Frédéric Dubernet (l'avocat des AGS-Régime de garantie des salaires) se sont prononcés contre. Une position partagée par le juge commissaire et le procureur de la République, selon des sources concordantes.
Les délégués syndicaux, eux, ont refusé de donner leur avis renvoyant aux organes de la procédure, la responsabilité de la décision. Et le comité d'entreprise, par la voix de Delphine Meillet (du cabinet d'avocats Fiodor Rilov) a sollicité auprès des juges la nomination d'un expert judiciaire pour lever les zones d'ombre dans ce dossier à rebondissements qui a mobilisé beaucoup de fonds publics. Il semblerait d'ailleurs que sans cette requête du CE, la juridiction aurait prononcé d'emblée la liquidation judiciaire, selon un observateur averti. Ce qui laisserait donc supposer une certaine perplexité eu égard aux deux marques d'intérêt de dernière minute manifestées le 28 octobre.
ElecSys (sous-traitant de Cenntro Motors) n'aurait pas la surface financière nécessaire. Quant à Magnum Gmbh, son offre concernant 50 emplois et portant sur les deux lignes de produits, à savoir les véhicules industriels et les filtres d'assainissement des eaux, laisserait planer des doutes. Certains pensent que seule la deuxième activité entrerait dans le champ de cette entreprise, surtout spécialisée dans la détection de fuite de produits. Ce que conteste Jérôme Clerc, l'avocat du groupe germanique : « ce sont des acteurs de la mobilité électrique. Il fabrique des piles à combustion. Et Magnum a eu un volant d'affaires avec Cenntro Motors ». Toutefois, ce dernier n'a pas souhaité donner d'informations économiques sur Magnum.
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Cenntro Motors France a été placé en redressement judiciaire le 30 avril 2015 un peu moins de dix mois après la reprise par l'industriel sino-américain Cenntro Motors Group de SITL, à la barre du tribunal de commerce (18 juin 2014). SITL s'était lui-même substitué à Fagor-Brandt, pour réindustrialiser l'ancien site dédié aux lave-linge. Depuis deux ans, cette usine est pratiquement à l'arrêt et une large majorité des salariés est au chômage partiel (coût : 3,5 millions depuis le 18 juin 2014). Chaque jour qui passe creuse davantage le passif de Cenntro Motors France (estimé autour de 5 millions). Pour les AGS, la facture totale avoisinera les 12 ou 13 millions d'euros, dans l'éventualité du licenciement de la totalité des effectifs.
Marie-Annick Depagneux
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