Pourquoi le secteur bancaire suisse doit faire sa mutation
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Le dernier classement des centres financiers globaux établi par Z/Yen Group réservait bien des surprises : Zurich n'est plus qu'à la 9e place et Genève chute au 23e rang, perdant respectivement trois et huit places, sur les 87 listées par le rapport. En tête caracolent Londres, New York et Singapour, d'après ce classement basé sur des critères comme l'environnement économique, le développement du secteur financier, les infrastructures, le capital humain et le risque de réputation.
Même si l'Association suisse des banquiers (SwissBanking) continue de défendre une place financière suisse solide - parmi les premières au monde - et l'une des plus compétitives à l'international, elle émet toutefois quelques signaux d'alerte. Force est de constater une certaine perte de compétitivité : plus de 90 % des 120 établissements interrogés cette année dans le cadre du Baromètre des banques continuent de prévoir une baisse de rentabilité dans un contexte économique mitigé et incertain, notamment à cause des taux négatifs, des pressions sur les marges et les coûts ou encore le développement du numérique, qui recèle autant d'opportunités que de risques.
Selon lui, si Genève a ainsi dégringolé dans la hiérarchie mondiale, c'est en raison d'un manque de prévisibilité. Même si certains établissements solides et mieux capitalisés qu'avant la crise permettent de rester parmi les leaders, une étude de KPMG relevait, récemment, que 10 % des banques privées suisses n'ont pas survécu à 2015. Elles sont même 1,6 fois moins qu'il y a 20 ans et, en 10 ans, plus de 20 % d'entre elles ont disparu et 640 succursales ont fermé. 95 % des instituts financiers interrogés dans un récent sondage prévoient d'ailleurs une diminution significative du nombre d'agences d'ici à 2020.
Lire aussi : Suisse, terre de tous les possibles
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Moins de banques et moins d'effectifs, bénéfices bruts en baisse, recul des actifs sous gestion (- 1,3 % entre 2015 et 2016, se situant à 6 567 milliards de francs, soit 6 031 milliards d'euros)... la mutation structurelle est réelle. En 2015, pour la première fois depuis la crise financière de 2008, les banques suisses dégageaient un résultat consolidé en hausse - de 5 % à 64 milliards de francs (59 milliards d'euros). Un record, même si l'abandon du taux plancher a laissé des traces, avec la dépréciation des portefeuilles en euros.
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