Eric Challan-Belval, La Feuille d’Érable, manager humaniste

[PORTRAIT] L’économie sociale et solidaire est la grande révolution copernicienne : même des sociétés anonymes « classiques », respectant les règles de l’économie de marché, cherchent du sens et une utilité sociale dans le qualificatif d’économie sociale et solidaire. Portraits de ces chercheurs de solutions nouvelles qui changent le monde.
Eric Challan-Belval, La Feuille d’Érable / DR
Eric Challan-Belval, La Feuille d’Érable / DR (Crédits : DR)

« Je me souviens des ballots de journaux que mon grand-père déposait sur le pas de la porte pour que La Feuille d'érable les ramasse », arme Éric Challan-Belval, qui dirige l'entreprise depuis 2007.

Labellisée entreprise d'insertion dans les années 1990, La Feuille d'érable est à l'origine spécialisée dans la collecte de journaux, mais traite aujourd'hui d'autres types de papiers.

« L'entreprise reste fidèle à l'esprit de l'ESS tout en poursuivant un objectif de rentabilité économique », précise-t-il.

Éric Challan-Belval souligne tout particulièrement son mode de management participatif, à l'opposé de nombre d'entreprises de l'ESS « où le management, par méconnaissance, est parfois pire que dans certains grands groupes ».

Après des études en biologie, Éric Challan-Belval se passionne pour les sciences sociales à la faveur d'un séjour dans un centre de formation pour adultes où il est affecté en tant qu'objecteur de conscience.

Il se forme à la qualité et aux normes ISO dans son premier poste au sein d'une entreprise spécialisée en reconnaissance du langage, mais c'est chez un fournisseur de rang1 du constructeur PSA, une entreprise employant 80% de handicapés, qu'il comprend « la valeur de la vision entrepreneuriale centrée sur l'humain » et « y constate l'impact que pouvait avoir un changement de direction sur le fonctionnement d'une entreprise ».

Une formation au management participatif à l'institut de gestion de Rennes, dont il sort major de promotion, le convainc que le management, c'est « son truc ». Contacté par La Feuille d'érable qui traverse alors une mauvaise passe, il décide contre l'avis de ses proches d'aller se frotter à la réalité du terrain.

« Ça n'a pas été de tout repos, mais ça a fonctionné tout de suite. » Depuis son arrivée en 2007, le chiffre d'affaires est passé de 700.000 à 1,7 million d'euros, et il est fier du taux de réinsertion de ses salariés après leur passage par La Feuille d'Érable.

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