Innoveox lève des fonds pour poursuivre sa révolution dans le recyclage

Nicolas César, à Bordeaux - Objectif Aquitaine

Nicolas César, à Bordeaux - Objectif Aquitaine
Des contrats qui se chiffrent en millions d'euros... Car, cette société bordelaise créée en 2008 possède une technologie unique au monde, mise au point en collaboration avec le CNRS (actionnaire de la start-up). Par un processus « d'oxydation hydrothermale supercritique », type Cocotte-Minute, elle est capable de transformer des déchets industriels liquides dangereux... en eau.
Et ce à un coût inférieur ou égal à celui des incinérateurs, sans les inconvénients, à savoir des résidus polluants et une mauvaise acceptation par les riverains. Autre avantage, elle implante ses unités directement sur le site de l'industriel.
Après vingt ans de recherche et trois ans de production dans sa première unité à Arthez-de-Béarn, près de Pau, Innoveox est prêt pour une aventure industrielle. Son marché, mondial, est considérable : 25 millions de tonnes de déchets industriels toxiques dans la pétrochimie, la chimie et la santé. Avec à la clé un chiffre d'affaires potentiel de six milliards d'euros. Ne seraitce qu'en France, chaque année, quelque 7 millions de tonnes de déchets industriels dangereux (produits cosmétiques et pharmaceutiques, solvants...) sont produits.
À ce jour, ces déchets sont collectés, transportés et traités le plus souvent par enfouissement ou par incinération, faute d'alternative. Plus écologique, la technologie d'Innoveox permet de convertir - grâce à un réacteur contenant de l'eau chauffée à 374 °C et mise sous une pression équivalente à 221 fois celle de l'atmosphère - une tonne de déchets toxiques en un mètre cube d'eau, mais aussi de produire de l'énergie.
Innoveox vient d'ailleurs de signer un premier « gros » contrat de services de six millions d'euros sur cinq ans avec Inter'val, avec pour mission de transformer des déchets industriels toxiques en eau propre sur l'île de la Réunion. D'autres contrats devraient suivre rapidement.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dès cette année, le nombre de salariés de la PME va doubler et passer de 15 à 30. Par ailleurs, Innoveox va créer son laboratoire industriel dans l'agglomération bordelaise, d'ici à la fin 2014, pour y réaliser d'autres essais préindustriels. Pour financer son développement, la société espère lever 16 millions d'euros en Bourse. La période de souscription est ouverte jusqu'au 29 avril.
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