La biomasse séduit plus que le vent et le solaire !

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Qui l'eût cru ? Le secteur de la biomasse attire désormais davantage les investisseurs que le solaire et l'éolien, jusqu'ici coqueluches des énergies renouvelables : c'est la conclusion de l'étude annuelle sur les fusions-acquisitions dans le secteur réalisée par le cabinet KPMG.

Sur les 250 cadres dirigeants du secteur des EnR dans le monde (grandes entreprises, investisseurs, gouvernements, financiers) interrogés sur leurs projets d'investissement, 37% comptent miser sur la biomasse, 36% sur le solaire et 35% sur l'éolien.

Globalement, après la bulle de début 2008, puis la glaciation de 2009, KPMG dresse le tableau d'un redémarrage très actif des M&A dans les renouvelables depuis le début 2010 : le nombre des transactions importantes a bondi de 145% au premier trimestre 2010 par rapport au même trimestre de 2009 (150 contre 61), même si en revanche leur valeur a progressé nettement moins vite, de 63% (14,3 milliards de dollars contre 8,8 mds), selon la compilation du cabinet.

Et la frénésie d'achats continue : 90% des dirigeants interrogés comptaient boucler un deal dans le secteur dans les 18 mois.

Comme en 2009 où il avait représenté la moitié des 300 grandes transactions recensées (qui totalisaient 53 milliards de dollars), le solaire restait en tête des deals au premier trimestre 2010, suivi de l'éolien.

Baisse des valorisations

Mais la multiplication des deals reflète aussi au passage une nette baisse des valorisations des entreprises cibles des rachats, crise oblige. L'étude souligne aussi l'écart croissant entre les espoirs des vendeurs d'actifs et le prix payés par les acheteurs.

De nombreuses start-up des énergies renouvelables, qui ont peu de financements mais ont survécu à la récession, n'auront probablement le choix cette année qu'entre être rachetées ou disparaître, en raison de leur fragilité.

Mais les sites de production d'énergie par biomasse ont le potentiel d'offrir des retours sur investissement bien plus élevés que d'autres énergies renouvelables, explique KPMG. "Une centrale à biomasse bien réalisée peut générer des économies d'échelle nettement supérieures à l'éolien, et la chaleur tirée de l'incinération peut aussi approvisionner en chaleur les bâtiments avoisinant, apportant ainsi une seconde source de revenus".

Les compagnies d'électricité cherchent leur nouvelle source d'énergie

?L'éolien compte actuellement un énorme flux de transactions, mais les décideurs, en particulier les grandes compagnies d'énergie, recherchent maintenant la prochaine grande tendance, et la biomasse semble bien être l'éolien de demain", selon KPMG. Car elle possède un atout majeur pour les grands systèmes de production d'énergie : contrairement à l'éolien ou au solaire, ce n'est pas une source d'énergie intermittente.

Le défi pour les investisseurs dans la biomasse est de s'assurer une visibilité à long terme pour l'approvisionnement et les prix, ce qui handicape nombre de projets. Mais les entreprises qui disposent de ressources financières ajoutent maintenant la biomasse à leur portefeuille éolien et solaire.

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