Le réseau allemand pourrait gérer 1 million de voitures électriques... si elles arrivent

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Gérer le million de voitures électriques promis par le gouvernement allemand pour 2020 ? Aucun problème ! Les compagnies d'énergie allemandes restent zen, convaincues d'y parvenir sans souci dans 10 ans. C'est la conclusion optimiste du rapport d'un groupe de travail sur l'intégration au réseau et les infrastructures de recharge de la Plate-forme nationale sur la mobilité électrique (NPE).

Gérer le million de voitures électriques promis par le gouvernement allemand pour 2020 ? Aucun problème ! Les compagnies d'énergie allemandes restent zen, convaincues d'y parvenir sans souci dans 10 ans. C'est la conclusion optimiste du rapport d'un groupe de travail sur l'intégration au réseau et les infrastructures de recharge de la Plate-forme nationale sur la mobilité électrique (NPE).

Cette Plate-forme, mise en place en mai 2010 par Angela Merkel pour dresser une feuille de route des véhicules électriques en Allemagne, réunit une ribambelle de hauts dirigeants de géants industriels et énergétiques (E.ON, Siemens, RWE, Audi...) mais aussi d'instituts de recherche et du gouvernement pour faire avancer les véhicules électriques outre-Rhin.

Mais le rapport intérimaire de la NPE souligne aussi que l'Allemagne risque de rester à la traîne par rapport aux autres pays dans ce domaine, et que des pays comme la Chine, le Japon, la Corée, la France et les Etats-Unis vont creuser l'écart. Sauf si l'Allemagne investit plusieurs milliards pour développer ce secteur, des dépenses non prévues pour l'instant.

Le rapport suggère entre autres des incitations fiscales pour les sociétés qui équiperaient leur flotte de voitures électriques, mais sans recommander une prime d'achat pour les voitures électriques comme c'est le cas en France, aux États-Unis ou encore au Japon.

Les constructeurs en retard

Parmi les lacunes allemandes, le rapport souligne que contrairement aux marques françaises ou japonaises, aucun grand constructeur allemand n'a de voitures électriques prêtes à sortir sur le marché. Quant aux premières voitures électriques qui seront importées, elles ne bénéficieront pas, contrairement à de nombreux pays, de primes à l'achat.
Pour combler leur retard, les industriels et les pouvoirs publics devraient donc, selon le rapport, investir quatre milliards d'euros en 2020, en particulier dans la technologie des batteries, et mener d'urgence une recherche intensive dans ce domaine. Le rapport souligne aussi le rôle important de la normalisation.

Le président de l'Association de l'industrie automobile (VDA), Matthias Wissmann, a souligné que les constructeurs allemands et les fournisseurs investiraient dans les quatre prochaines années 10 à 12 milliards ?, et que c'était maintenant au tour du politique de jouer.

Techniquement possible

Les réseaux électriques ne semblent pas être un obstacle. Dans le futur, les véhicules électriques pourront être utilisés comme des appareils de stockage d'énergie et aider à absorber l'énergie éolienne et solaire, intermittentes. Les compteurs intelligents permettront de recharger les véhicules au moment où ces énergies renouvelables produisent trop d'électricité, comme par certaines nuits très venteuses. Et l'électricité dont ont besoin ces véhicules pourrait en fin de compte être entièrement d'origine renouvelable.

Le groupe de travail prévoit d'ailleurs de rapides innovations dans les stations de recharge : d'ici à 2020, des stations sans câbles par induction, à haute tension, permettront des recherches plus rapides et plus faciles, qui contribueront à populariser les voitures électriques. "Nous aurons besoin de solutions pragmatiques et bon marché, ne plaçons pas la barre trop haut pour les stations de recharge", a cependant averti le président du groupe de travail, Klaus-Dieter Maubach, qui est l'un des administrateurs d'E.ON.

L'un des objectifs à moyen terme est de développer les échanges de données entre les véhicules et le réseau, à partir du moment où un assez grand nombre de voitures électriques rouleront sur les routes. Les bornes de recharge installées actuellement devront pouvoir plus tard être renforcées avec des technologies d'échanges de données pouvant s'intégrer à un réseau intelligent.

Intégrer 1 million de voitures électriques pour 2020 ne sera généralement pas un problème pour le réseau électrique, conclut le rapport. Dans les seuls cas où il existerait localement une très forte densité de voitures électriques, il pourrait y avoir un risque de surcharge obligeant les opérateurs à augmenter la capacité du réseau.

Mise en place d'un smart grid

Cependant l'arrivée de nouvelles consommations, ainsi que la production d'énergie intermittente transforment fondamentalement le système énergétique et l'infrastructure ne peut le supporter que jusqu'à un certain degré.
?Installer des contrôles intelligents sur le réseau est nécessaire, pour s'assurer que les voitures électriques peuvent être alimentées par des énergies renouvelables?, selon Wolfgang Dehen, membre du conseil exécutif de Siemens et PDG de Siemens Energy Sector, prônant la mise en place rapide d'un réseau intelligent. Le groupe de travail recommande la mise en place d'incitations pour favoriser les investissements nécessaires.

Un million de voitures électriques consommeraient au plus 2 TWh d'électricité par an. Or, l'Allemagne devrait produire nettement plus que 100 TWh d'énergies renouvelables d'ici 2020, ce quoi, en théorie, faire rouler 50 millions de voitures électriques, calcule le groupe de travail.

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