Une usine de mâts d'éoliennes offshore se structure à Dunkerque

Ce partenariat est probablement l'un des premiers signes de l'émergence d'une filière industrielle dans l'éolien offshore, tant voulue par l'Etat français et favorisée par le lancement imminent d'un premier round de 3.000 MW.
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L'un est expert en chaudronnerie dans le Nord-Pas-de-Calais, l'autre est spécialiste des mâts d'éoliennes terrestres en Bourgogne. Ils se réunissent autour des mâts des éoliennes en mer. L'industriel dunkerquois CMP, filiale à 100% d'Entrepose Contracting - lui même propriété du groupe Vinci - s'associe au dijonnais Céole, société fondée en 2007 par Dominique Legros.

Vers une capacité de 100 mâts par an
Ce partenariat a été annoncé par Christian Renard, PDG de CMP Dunkerque lors des Journées techniques européennes de l'éolien offshore organisées à Dunkerque aujourd'hui et demain. "L'accord prévoit la création d'une co-entreprise à Dunkerque où CMP aura sans doute un poids plus important", nous a expliqué le dirigeant. La localisation précise du futur site sur le territoire dunkerquois (Nord) est encore à l'étude, tout comme les détails financiers du rapprochement. L'investissement sera certainement de plusieurs millions d'euros.
Situé dans l'orbite du troisième port de France, idéalement positionné à l'entrée de la Mer du Nord, ce projet d'usine doit aussi pouvoir fournir les autres marchés européens, comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne. L'accord signé entre les deux entreprise prévoit de créer une unité industrielle capable de produire une centaine de mâts par an. Le premier appel d'offres français (3.000 MW annoncés) prévoit le déploiement d'environ 600 mâts en mer à l'horizon 2015.

Un jeu mené par Vinci encore à préciser
Filiale de Vinci, CMP Dunkerque cherche aussi à trouver un accord avec un grand turbinier pour se lancer sereinement dans l'aventure. Sans un contrat commercial, le projet ne semble pas encore validé à 100%. "Le début de la production de mâts dépendra de nos clients", précise Christian Renard. Pour cela, il faudra sans doute attendre le printemps 2012, date où les lauréats de l'appel d'offres français seront annoncés.
Mais le groupe Vinci s'est allié récemment à Areva Wind dans le cadre d'un consortium avec GDF Suez, pour se positionner sur trois des cinq zones identifiées. Dans ce contexte, comment ne pas faire le rapprochement entre ce projets d'usine de mâts et les turbines offshore d'Areva, via Vinci ?
Très mesuré, Christian Renard n'écarte aucune solution : "Nous pouvons jouer un rôle dans le cadre d'un regroupement d'entreprises, et Areva Wind serait ainsi une locomotive pour nous. Mais nous pouvons aussi bien travailler à notre niveau, comme constructeur d'éléments. Avec les marchés britannique et allemand, il y a matière à fabriquer des mâts en dehors de l'appel d'offres français."

Un rôle pour Entrepose Contracting ?
CMP Dunkerque est spécialisée dans la chaudronnerie lourde, et notamment dans les structures pétrolières offshore. L'entreprise conçoit des pièces de grandes dimensions et exporte actuellement 95% de sa production. Elle souhaite se diversifier dans les mâts et les fondations d'éolienne offshore : des pièces métalliques d'envergure qu'il faudra produire non loin des ports, pour les transporter ensuite sur les zones maritimes.
Sa maison mère, la société d'ingénierie industrielle Entrepose Contracting (pétrole, gaz, énergie), basée dans les Hauts-de-Seine, devrait jouer un rôle important dans cette diversification. Elle pourrait accompagner la stratégie de CMP Dunkerque en se positionnant sur l'installation des fondations d'éoliennes, par exemple, grâce à sa filiale Geocéan, spécialiste des travaux maritimes. E arrière-plan, Vinci jouerait ainsi le chef d'orchestre.

Développer une chaîne de valeur complète
À Dunkerque, l'alliance CMP / Céole aura besoin de très grandes surfaces de stockage pour entreposer la production avant que celle-ci prenne le chemin de la mer. Une vingtaine d'hectares pour les mâts, et une cinquantaine pour les fondations seraient nécessaire. Chaque entreprise interviendrait sur son domaine d'expertise. Céole maîtrise le travail en série dans la production de mâts, CMP jouit d'une grande expérience de la chaudronnerie. "L'objectif est de développer une chaîne complète de valeur", explique Christian Renard, de l'approvisionnement en matières premières jusqu'au produit final, voire l'installation... Et de finir : "Aucune société en France n'a encore d'expérience dans la production de mâts pour éoliennes offshore."
Dans l'Hexagone, un projet de rapprochement similaire avait été évoqué par le passé entre le bourguignon Siag, producteur de mâts d'éoliennes terrestres, et concurrent de Céole, et les chantiers navals STX, à Saint-Nazaire. Depuis, STX s'est officiellement lancé sur le marché de l'éolien offshore, sur les fondations, les navires installateurs et les sous-stations électriques.

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