Les vieux papiers recyclables abandonnent les camions pour le train

Un procédé innovant de Norske Skog Golbey rend compétitif le transport ferroviaire.

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Ce n'est pas nouveau. Certains déchets empruntent chaque jour la voie ferroviaire pour se rendre dans les usines de recyclage. Mais assorti d'un surcoût avéré. « Transporter le papier en balles par train entraîne un surcoût de 20 à 25 euros la tonne, argumente Jean-Louis Merrien, vice-président de Rennes Métropole, délégué au traitement des déchets. Avec 12.000 tonnes par an, nous cherchions une solution qui permettrait de supprimer ce surcoût. »

C'est auprès de Norske Skog Golbey que l'agglomération rennaise a trouvé la solution. L'entreprise, qui dispose d'un site dans les Vosges pour le traitement de quelque 500.000 tonnes de papier par an, avait déjà le projet de proposer le transport de ces déchets en vrac. Son rapprochement avec Rennes Métropole a accéléré la donne. « Cela nous a permis de doper nos recherches et de lancer les investissement nécessaires au prototype, explique Christian Vitu, responsable logistique. Même si le tonnage peut paraître singulier au regard de nos besoins annuels, nous étions certains d'avoir un premier client. »

L'innovation Valorail a consisté à installer un fond mouvant dans des caisses mobiles. Les journaux, revues et magazines sont ainsi chargés par le haut et vidés par le bas. En vrac. « Sans cette technologie, qui existe aussi pour les camions, vous êtes obligés de benner la caisse, poursuit Christian Vitu. Ce qui est impossible pour des questions de sécurité. »

À cela, s'ajoutent désormais des impératifs économiques et écologiques. Si le ferroviaire est financièrement compétitif face à la route, il pourra se développer. « Nous divisons les émissions de CO2 par 6 », se réjouit Jean-Louis Merrien. Et pour peser davantage sur l'intérêt économique, Norske Skog Golbey s'est rapprochée de « Ouest-France » à qui elle livre, par train retour, 12.000 tonnes de papier recyclé, optimisant ainsi le transport.

D'ici fin 2013, la société Norske Skog Golbey espère faire acheminer 20 % de ses papiers de la sorte, soit 100.000 tonnes. Rennes Métropole, elle, espère servir d'exemple notamment auprès des autres collectivités bretonnes. Mais déjà, Valorail fait des petits. La filière plastique de l'agglomération rennaise Valorplast s'est elle aussi engagée sur ce mode de transport, pour quelque 2.600 tonnes de balles de bouteilles et flacons plastiques. D'ailleurs, Rennes Métropole ne compte pas en rester là. Et lance un appel aux verriers. « Si nous parvenons à faire de même pour le verre, conclut Jean-Louis Merrien, ce seront 95 % de nos déchets recyclables qui emprunteront le train. »

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