L'environnement bientôt sous tutelle du ministère de l'Intérieur ?

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Un projet de décret prévoit que les préfets exercent une tutelle sur les directions régionales de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Au grand dam des salariés... et du candidat socialiste.

Après le remplacement à sa tête il y a quelques mois de Jean-Louis Bal par l'ancien député UMP et ancien ministre François Loos, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie fait face à un nouveau changement. « L'État organise le démantèlement de l'ADEME », s'alarment cette fois les organisations syndicales CFDT, SNE-FSU, CGT et FO dans un communiqué publié vendredi. Les représentants des salariés au conseil d'administration et au comité d'entreprise de l'ADEME y émettent un avis défavorable à un projet de décret en Conseil d'Etat relatif aux pouvoirs des préfets. Ce projetr les concerne, car il prévoit la tutelle directe du préfet de Région sur les directions régionales de l'agence, aujourd'hui placées sous celle du ministère de l'Ecologie et du ministère de la Recherche.
Pour les représentants syndicaux, ce projet « porte atteinte à la mise en oeuvre de la politique publique de l'environnement et de l'énergie en menaçant l'autonomie, l'efficacité et la neutralité de l'ADEME et ne permet plus de garantir les valeurs fondatrices de l'ADEME : expertise technique, souplesse d'intervention, force de propositions, accompagnement de tous les acteurs de la société ». Il est contraire à leurs yeux à la « nécessaire neutralité des organismes d'état vis-à-vis des pouvoirs publics. »

Un recul en matière de politiques environnementales pour le PS

C'est pourquoi ils en appellent, avec les salariés, au soutien des collectivités territoriales, du monde industriel et agricole, des ONG, des associations, ... pour s'opposer à ce décret, qu'ils estiment « en totale contradiction avec le Grenelle de l'environnement. »
Le parti socialiste a réagi par la voix de sa responsable du pôle « Environnement, développement durable et énergie », Marie-Hélène Aubert. Elle fustige un « projet de reconcentration des pouvoirs » qui sonne comme « un nouveau recul en matière de politiques environnementales et de maîtrise de l'énergie » après la baisse du budget de l'agence intervenue entre 2011 et 2012.
Quelques jours après le départ de la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet comme porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy et le placement du ministère sous l'autorité directe du Premier ministre, certains ne manqueront pas de voir là le signe que « l'environnement », décidément, « ça commence à bien faire ».
 

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