Jean-Paul Bailly, Président du groupe La Poste. "Le marché et les industriels doivent prendre le relais sur le véhicule électrique."

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En janvier 2009, le Président de La Poste Jean-Paul Bailly s'est vu confier le soin d'organiser et de fédérer les commandes d'utilisateurs de flottes automobiles, entreprises publiques, privées, collectivités locales et Etat. Il revient pour la Tribune sur le résultat de cette initiative et les perspectives de la voiture électrique.

L'objectif était de fédérer des commandes de véhicules électriques pour un total de 100.000 véhicules, or les commandes fermes ne totalisent à ce jour que 23.000 véhicules. Considérez-vous ce résultat comme un échec ?

Pas du tout ! Il s'agit là en effet des commandes fermes déjà passées fin 2011.Quoi qu'il en soit, je considère que cette démarche est un véritable succès, qui fait honneur à tous ceux qui y ont contribué. Chacun est parvenu à dépasser ses spécificités pour se retrouver sur une réponse commune. L'initiative a engendré beaucoup de scepticisme au départ, et pourtant elle a abouti. Pour moi, nous en sommes aujourd'hui au véritable point de départ. Il faut savoir que pour le moment, certains acheteurs potentiels ne sont venus que pour voir. D'autres, tels que les loueurs de véhicules ou les taxis, n'ont encore pas du tout exprimé leurs besoins. Le cap des 50 000 commandes est donc tout à fait atteignable.

Pensez-vous avoir un rôle à jouer dans cette prochaine phase, ou pour dupliquer l'expérience avec d'autres acteurs ?

Il me semble que c'est maintenant au marché et aux industriels de prendre le relais.
Quant à dupliquer l'expérience, il est vrai que nous avons démontré notre capacité à rassembler un groupe et lui faire partager des enjeux. Nous sommes en contact avec d'autres postes européennes intéressées par notre démarche, mais pour le moment rien n'est encore engagé.
L'expérience pourrait le cas échéant être répliquée dans d'autres secteurs, à condition d'identifier un acteur légitime et ayant l'autorité nécessaire. C'était le cas de La Poste sur le véhicule électrique, un sujet sur lequel nous avons été pionniers et dont nous restons le premier utilisateur en France.

Quels sont les principaux freins qui pourraient entraver la réalisation du projet ?

C'est essentiellement dans l'usage du véhicule qu'ils pourraient surgir. Il faut que les véhicules délivrent leurs promesses, notamment pour tout ce qui concerne la batterie, sa fiabilité, le dispositif de recharge, etc.
De façon plus générale, le développement de la voiture électrique en France dépendra beaucoup des infrastructures de recharge.
Contrairement au transport de passagers, la logistique urbaine est le parent pauvre des travaux sur la ville et de l'urbanisme. C'est flagrant pour ce qui concerne le Grand Paris.
A la Poste, nous souhaitons que l'arrivée de nos véhicules électriques dans les villes soit l'occasion d'entamer une réflexion plus large sur ce sujet et l'amorce de projets plus ambitieux.
 

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