Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement : "Les arbitrages entre les usages de l'eau vont devenir de plus en plus compliqués"
Propos recueillis par Dominique Pialot
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Pourquoi avoir écrit cet ouvrage ?
Ce livre est une réponse à un constat simple. A Copenhague, tout le monde parlait de CO2, et peu des problématiques de l'eau. Avant une montée des eaux due au changement climatique, nous serons confrontés aux défis de l'eau, conséquences du boom démographique et de l'urbanisation croissante. Je travaille sur ce sujet depuis 30 ans. Ce livre est ma contribution au débat sur cette problématique globale qui va prendre de plus en plus d'ampleur. L'eau est toujours plus polluée et difficile d'accès. Les arbitrages entre les usages vont devenir de plus en plus compliqués.
Pensez-vous qu'une partie de la solution réside dans un changement des comportements individuels ?
Je vous rappelle que dans le monde, 70 % de l'eau est utilisée pour l'agriculture et 10 à 15 % par l'industrie. Il faudrait donc que ces changements de comportement s'opèrent dans tous ces secteurs. De toutes façons, il faudra faire des choix. Mais il est vrai que les comportements jouent un rôle. Là où l'eau manque, comme sur la côte Ouest des Etats-Unis, toute une « économie de l'eau » s'est mise en place, et la consommation par habitant s'établit à 80 litres par an. A l'inverse, au Canada où elle est abondante, elle atteint 800 litres. Sur les marchés matures comme la France, la consommation diminue malgré la croissance démographique. Cela est dû à une diminution de la consommation industrielle, de celle des particuliers et des grands ensembles grâce à des équipements plus performants.
Vous consacrez un chapitre de votre livre au débat public/privé. Quel doit être selon vous le rôle des entreprises ?
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90 % des opérateurs dans le monde sont publics. En France, où le marché de l'assainissement se partage à parts égales entre public et privé, et où l'eau est distribuée à 73 % dans le cadre de délégations de service public, ce débat a pris une acuité particulière. Historiquement, il y a toujours eu des passages de l'un à l'autre, c'est une force du système français, qui propose d'ailleurs un prix inférieur à la moyenne européenne. Pour moi, c'est un faux débat et ce serait dommage de se priver du savoir-faire des entreprises françaises. D'ailleurs, nous répondons en général aux demandes des collectivités, qui nous sont faites. Comme à Alger, où notre contrat vient d'être renouvelé pour cinq ans.
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