Air Liquide pose la première pierre d'une filière hydrogène française

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Air liquide, leader mondial des gaz industriels, veut poser à Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime) la première pierre d'une filière hydrogène en France. Il y investit dans une technologie innovante de captage de CO2 dont une partie sera liquéfiée pour être vendue, et l'autre servira à produire de l'hydrogène partiellement décarboné. Un centre de conditionnement permettra de commercialiser cet hydrogène en petites quantités.

Air Liquide est sur le point d'annoncer un investissement de 29 millions d'euros dans une installation de captage et de liquéfaction de CO2 à la sortie de son unité de production d'hydrogène de Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime). Le numéro 1 mondial des gaz industriels a déposé un brevet pour une technologie de captage par distillation du gaz résiduaire issue de la production d?hydrogène à partir de gaz naturel. «Ce gaz résiduaire est composé en partie de CO2 et d?hydrogène que la nouvelle installation permettra de capter » explique Olivier Louédin, directeur de la région Atlantique de Air Liquide France Industrie. La technologie brevetée - baptisée « Cryocap », captage par le froid - réduit de 30 à 50 % le coût du captage du CO2 par rapport aux solutions existantes, affirme Air Liquide.

Elle permet en parallèle de produire un hydrogène décarboné. « On joue sur les deux tableaux » résume Olivier Louédin. « Nous allons capter du CO2, le liquéfier et le vendre à l'industrie (agro-alimentaire, pharmaceutique, etc) tout en augmentant de 10 % notre capacité de production d'hydrogène sur le site de Gravenchon ». La distillation est un procédé classique, explique ce dernier, « mais son utilisation pour capter le CO2 est innovante».

100.000 tonnes d'hydrogène par an pour alimenter le marché français

Les travaux de cette nouvelle unité doivent commencer d'ici janvier 2013, pour une mise en service en 2014. Pour ce projet, Air Liquide a reçu le soutien de la Région de Haute-Normandie et de la communauté de communes Caux Vallée de Seine pour un total de 6 millions d'euros. Le choix de l'unité de Notre-Dame de Gravenchon (plate-forme pétrochimique de « Port-Jérôme », à 30 kilomètres en amont du Havre) est d'abord lié à sa taille. Avec 15 salariés, cette installation de taille moyenne qui fournit Exxon en hydrogène par pipe, correspond, selon Air Liquide, aux besoins du marché. C'est la plus grande installation de production d'hydrogène d'Air Liquide en France (capacité : 47.000 m3/heure), mais c'est loin d'être la plus importante du groupe.

« Cette unité permet de tabler sur une production de CO2 de 100.000 tonnes par an, un volume adapté aux besoins du marché français ». L'autre argument qui a plaidé pour Port Jérôme est le souhait d'Air Liquide de «réaliser cette première en France » pour ensuite « faire essaimer cette technologie dans le monde ».

A côté de l'unité de captage et de liquéfaction de CO2, Air Liquide prévoit d'investir 9 millions d'euros dans un centre de conditionnement d'hydrogène décarboné à hauteur de 60 %. « Nous livrons Exxon par pipe, mais nous voulons pouvoir aussi livrer des clients industriels de plus petite taille par semi-remorque » indique Olivier Louédin.

Passer de l'hydrogène industriel à l'hydrogène énergie

En augmentant sa production d'hydrogène à Port-Jérôme, l'industriel ne cache pas qu'il se place aussi dans les starting blocks pour le marché de l'hydrogène « énergie » et ses différentes applications. «Nous sommes positionnés ; nous savons faire de l'hydrogène décarboné ; nous espérons bâtir ici la première pierre de cette filière hydrogène » confie Olivier Louédin. «Pourquoi pas des stations d'hydrogène pour les besoins des entrepôts logistiques » ?

Air Liquide qui vient d'ouvrir à Düsseldorf (Allemagne) sa première station de distribution d'hydrogène (à destination des véhicules individuels), ne manque pas de projets dans ce secteur. A côté des stations qu'il va construire en Allemagne et en attendant un hypothétique décollage du marché en France, il vise notamment le marché des antennes relais équipées de piles à combustible alimentées par hydrogène, ou encore les chariots élévateurs à hydrogène aux Etats-Unis.

 

 

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Commentaires
a écrit le 25/05/2014 à 19:48 :
Produire de lHydrgène d'accord mais je croyais que l'on devait diminuer la production de CO2...
a écrit le 25/09/2012 à 3:31 :
Je ne vois rien de bien écologique la dedans et de soit disant 'décarboné'.
Cette société produit de l?hydrogène à partir de gaz naturel. Qu'ils vendent le sous produit dioxyde de carbone à quelqu'un, cela ne change pas qu'il sera d'une façon ou d'une autre relâché dans l?atmosphère.
Il est bien plus simple et écologique de produire du dioxyde de carbone à partir de l'air.

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