OPINION. « ONU Tourisme : pour une gouvernance exemplaire, halte au troisième mandat »
Harry Theoharis

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Harry Theoharis

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L'ONU Tourisme traverse une crise de gouvernance sans précédent. À l'approche de l'élection du prochain Secrétaire général pour la période 2026-2029, la perspective d'un troisième mandat pour le Secrétaire général en poste apparaît difficilement conciliable avec les principes fondamentaux de l'organisation.
Les États membres ont entre les mains une responsabilité historique : celle de redonner à l'organisation la crédibilité et l'autorité qu'elle a perdues.
A Dakar, en 2005, l'Assemblée générale a adopté une résolution modifiant l'article 22 des Statuts, limitant le mandat du Secrétaire général à quatre ans, renouvelable une seule fois. Cette décision visait à garantir une gouvernance saine et ancrée dans la rotation démocratique du pouvoir. Plus récemment, lors de la 25e Assemblée générale à Samarcande, la proposition de prolonger le mandat du Secrétaire général pour le mandat à venir a été clairement rejetée. Le message était sans ambiguïté : il n'y a pas de place pour un troisième mandat.
Parallèlement, certaines initiatives observées laissent penser à une volonté de contourner la décision de l'Assemblée, ce qui soulève des questions éthiques pouvant fragiliser la confiance que les États membres placent dans les institutions multilatérales.
Cela sans compter que certaines décisions prises par l'administration actuelle questionnent sur la transparence et la gouvernance financière de l'organisation.
Dès sa prise de fonction, le Secrétaire général a fait appel à un cabinet de conseil international sans procédure d'appel d'offres, suscitant des interrogations sur le respect des règles en vigueur au sein de l'organisation. Cet audit interne a entraîné des tensions importantes, aboutissant à des litiges gagnés par d'anciens employés devant le tribunal administratif de l'Organisation internationale du Travail, entraînant un coût significatif, chiffré en million, pour l'organisation et donc ses États membres.
Par ailleurs, les efforts de stabilisation financière revendiqués ne tiennent pas toujours compte du soutien substantiel des gouvernements hôtes. Enfin, la stratégie de valorisation commerciale du logo de l'ONU Tourisme interroge quant à sa conformité avec les standards du système des Nations unies et soulève des préoccupations quant à la rigueur de la gouvernance financière.
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En outre, l'absence d'un Secrétaire général adjoint est un signal inquiétaient, rendant l'organisation toujours plus vulnérable. En l'absence d'un plan de succession clairement défini, l'ONU Tourisme pourrait se retrouver en péril. Une situation qui met en lumière l'importance d'une gouvernance anticipative et structurée, fondée sur des principes de transparence et de responsabilité partagée. Renforcer ces mécanismes est essentiel pour préserver la stabilité et la légitimité de l'organisation à long terme.
Alors que certains États membres envisagent déjà sérieusement de reconsidérer leur engagement, l'ONU Tourisme traverse un moment décisif. Le respect des organes de gouvernance et de la volonté de l'Assemblée générale est indispensable pour préserver la crédibilité de l'organisation et garantir la coopération internationale dans le domaine du tourisme.
Il est temps pour l'ensemble des États membres, et en particulier les ministères des Affaires étrangères, d'évaluer avec lucidité les enjeux institutionnels liés à une éventuelle prolongation de mandat. Ce débat concerne l'avenir du multilatéralisme pour notre secteur.
Des réformes concrètes sont nécessaires et parmi les plus urgentes : le rétablissement de la fonction de Secrétaire général adjoint et la ratification de l'amendement à l'article 22 des Statuts, visant à limiter formellement la durée du mandat à quatre ans, renouvelable une seule fois.
Nous avons le devoir collectif de défendre les principes de transparence et d'équité. C'est à cette condition que l'unité de la communauté du tourisme pourra être pérennisée.
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(*) Harry Theoharis est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en génie logiciel de l'Imperial College de Londres et a occupé des postes de haut niveau dans des entreprises du secteur privé en Grèce et à l'étranger. Il a également travaillé dans des startup. Il a occupé le poste de Secrétaire Général des Systèmes d'Information et est connu pour avoir introduit de nouveaux services numériques visant à aider le public, réduisant ainsi la bureaucratie et ses coûts associés. Il a ensuite (2013-2014) été Secrétaire Général des Recettes Publiques au ministère des Finances grec. Là, il a réussi à atteindre les recettes budgétaires et à produire un excédent fiscal. Il est également connu pour avoir lancé la plateforme publicrevenue.gr afin d'accroître la transparence de l'administration publique.
De 2019 à 2021, il a été Ministre du Tourisme, où il s'est concentré sur la relance du secteur touristique grec, notamment à la suite de la pandémie de COVID-19, en promouvant des pratiques durables et la transformation numérique. Il a également été Porte-parole parlementaire du parti politique Nouvelle Démocratie de 2021 à 2023. Lors des élections nationales de mai et juin 2023, il a été réélu député sous le parti politique Nouvelle Démocratie. Le 27 juin 2023, Harry Theoharis a été nommé par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis comme Secrétaire d'État aux Finances de la Grèce, en charge des questions fiscales, un poste qu'il a occupé jusqu'en juin 2024. Durant son mandat, il a mis l'accent sur la transparence, l'efficacité et l'équité du système fiscal, tout en favorisant un environnement propice à l'investissement.
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