Blayais, Civaux et Golfech. Pour les trois centrales nucléaires du Sud-Ouest et leurs huit réacteurs, c'est une année toute particulière qui s'est écoulée. L'activité des sites a tout d'abord été perturbée par les visites décennales réglementaires survenues sur certains réacteurs et les contraignant à l'arrêt. Résultat : la production d'électricité a diminué sur les trois installations. La centrale de Civaux dans la Vienne n'a même pas produit un kilowatt puisque ses réacteurs, qui subissaient une maintenance pour cause de corrosion sous contrainte depuis 2021, n'ont été redémarrés qu'à partir de janvier 2023. Ensuite, les épisodes de canicule et de sécheresse ont imposé un nouveau cadre réglementaire qui restreint les possibilités de production électrique pour les sites nucléaires.
Un ralentissement qui n'a pas empêché l'Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) d'effectuer ses traditionnelles inspections. La division territoriale Sud-Ouest, qui contrôle les trois sites mentionnés ci-dessus, a mené 75 visites en 2022 et a recensé huit événements significatifs de niveau 1 (le plus bas niveau de gravité), soit quatre de moins que l'année précédente. Les inspecteurs ont eu un œil particulier sur l'activité des centrales durant les sécheresses puisque la production est désormais réglementée en ces périodes. En-dessous d'un certain niveau de débit du fleuve entre le 15 juillet et le 11 septembre, l'ASN impose à EDF une régulation des rejets d'effluents. Une mesure qui permet de limiter le réchauffement des cours d'eau et l'impact sur la faune et la flore. Mais qui contraint les centrales à stocker une partie des rejets non-radioactifs. Ou du moins quand elles disposent de capacités de stockage suffisantes.