Plus rien ne fait désormais consensus dans la galaxie des aménagements du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Au menu du conseil de Bordeaux Métropole de ce 1er décembre se sont invités les Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux, dits AFSB. Ceux-ci visent à créer une troisième voie de douze kilomètres à la sortie Sud de l'agglomération afin de répondre à l'arrivée du RER Métropolitain, la montée en cadence des TER, l'arrivée potentielle des lignes à grande vitesse vers Toulouse et Dax ainsi que d'un hypothétique développement du fret.
Une infrastructure qui servirait tellement d'usages différents que tous les élus soutenaient jusqu'ici sa construction, des promoteurs de la grande vitesse comme Alain Anziani et Alain Rousset aux opposants de la LGV et partisans seulement du train du quotidien comme Pierre Hurmic ou Jean-Luc Gleyze. Le sujet nourrit désormais des dissensions au sein des divers groupes politiques, tant à gauche qu'à droite. Et Bordeaux Métropole n'a recueilli l'approbation qu'une d'une courte majorité, avec 61 voix pour et 39 contre, pour valider un plan de financement à 354 millions d'euros échelonné sur 40 ans fléché sur les AFSB. Un chantier chiffré au total à un milliard d'euros.
La soudaine opposition fait écho au courrier adressé cette semaine aux élus métropolitains par 8 des 18 députés et sénateurs de Gironde*. Les parlementaires de gauche et de droite réclament purement un moratoire sur le financement des AFSB après avoir mené des auditions depuis le mois de mai. « Les échanges fournis et constructifs que nous avons eu avec SNCF Réseau nous amènent à émettre de sérieux doutes quant à l'utilité réelle des AFSB. Les documents transmis indiquent que les voies existantes seraient suffisantes pour absorber les circulations prévues pour répondre à la fois aux exigences du RER Métropolitain et à l'augmentation du trafic TGV et fret », écrivent les huit élus de Gironde.