Alors que les femmes sont rares dans la deeptech, deux incubateurs de la région Auvergne Rhône-Alpes, Pulsalys et Les Premières Aura, s’associent pour lancer le programme Strong(h)er. Leur objectif : co-incuber des projets deeptech au féminin. De premiers accompagnements ont déjà démarré, comme pour la jeune pousse Healshape (Villeurbanne), qui développe des solutions de régénération mammaire par bio-impression."Il y a moins de 3 % de femmes dans la deeptech", pointe Sophie Jullian, présidente de Pulsalys, l'incubateur deeptech de Lyon-Saint-Etienne, qui a déjà aidé 80 startups en 6 ans. De son côté, Marie Trouhet, directrice de l'incubateur Les Premières Aura, note que seulement 30 % de femmes créent des entreprises, et sont à peine 10 % à le faire au sein des incubateurs. "Nous avons démarré les Premières en 2011, avec l'idée d'aider les femmes à créer davantage des entreprises. En 10 ans, nous avons accompagné plus de 200 femmes et plus de 90 sociétés", dénombre-t-elle.
Une situation qui a donc poussé les deux acteurs à s'allier, afin de mettre en lumière un domaine très souvent oublié des profils féminins :
"Les femmes sont souvent investies dans les secteurs où il faut prendre soin des autres, c'est-à-dire l'éducation, le soin, la santé, mais plus rarement dans le numérique ou la technologie. Or, si elles ne s'emparent pas également de ces domaines, nous allons prendre un grand retard".
Parmi les freins à lever, figurent le sous-investissement, l'argent à lever, le leadership et l'ambition. Ainsi, 17 % des levées de fonds seulement sont faites par des femmes, qui lèvent en moyenne 2,5 % de moins que les hommes.
"Les femmes ne peuvent pas forcément s'identifier à de 'supers startuppeuses' qui ont tout fait. Nous avons besoin de femmes 'normales', qui se disent qu'elles sont capables de créer une entreprise", commente Marie Trouhet.
12 mois d'incubation dont 6 au féminin
C'est donc pourquoi Pulsalys et Les Premières Aura se sont associées afin de créer Strong(h)er, un programme 100 % dédié aux femmes entrepreneures. Avec, comme cible, des femmes en recherche de projet de start-up deeptech, ou bien en recherche de technologies deeptech pour leur start-up. "Ce programme a pour ambition de lever des freins et donner plus de confiances aux femmes", explique Daphné Thomas, directrice incubation et partenariats de Pulsalys.
Concrètement, il s'agit d'un programme de 12 mois d'incubation deeptech, dont 6 mois d'incubation au féminin. Les sessions ont lieu deux fois par an, en mars et en septembre. Le programme comprend une partie d'incubation mixte, destinée à donner toutes les clés de la création d'une start-up deeptech (modèle économique, plan de financement, marketing de l'innovation, etc.).