Après la création d’une alliance européenne pour les semiconducteurs, annoncée le 19 juillet par la Commission européenne, le commissaire chargé de la politique industrielle Thierry Breton a mené ce mercredi une visite auprès des industriels de la microélectronique du bassin grenoblois, et notamment auprès de STMicroelectronics, Soitec et le CEA-Leti. Au menu : une roadmap qui doit mener cette industrie reconnue comme stratégique, pour la France comme l'Europe, sur le chemin de la miniaturisation.Appelée à réunir tous les acteurs de la chaîne des semi-conducteurs - de la recherche privée/publique aux industriels - la nouvelle alliance européenne des semiconducteurs, fondée le 19 juillet dernier, est déjà mise en musique par le commissaire européen chargé de la politique industrielle.
Thierry Breton a mené sa première visite sur le sujet ce mercredi, au cœur du bassin grenoblois, auprès des industriels Soitec, STMicroélectronics ainsi que du CEA Leti. Une venue d'autant plus symbolique que si la capitale des Alpes est connue pour son écosystème lié aux semiconducteurs, la ville est également le berceau de l'une des deux technologies de pointe qui se partagent aujourd'hui le marché des composants de haute performance : le FDSOI (fully depleted silicium on insulator). Son atout est de fonctionner avec une très faible dissipation de puissance.
Créée au CEA Leti pour être ensuite industrialisée par des industriels locaux (Soitec, STMicroelectronics), le FDSOI a retenu l'attention du commissaire européen. Il s'est cependant déplacé dans un cadre plus large : celui de travailler à la mise en place d'une future roadmap commune aux chercheurs et industriels du secteur. Le but est de placer cette réflexion sous l'égide de l'Etat et de l'Europe, en leur redonnant des outils pour développer leur souveraineté industrielle.
Et ce, à l'heure où l'approvisionnement en composants électroniques est devenu un enjeu critique pour un grand nombre de produits et chaînes de production comme l'automobile.
« Augmenter très significativement la capacité de production en Europe »
C'est pourquoi Thierry Breton en a profité pour marteler un objectif :
«Alors que l'Europe réalisait encore près de 40% des approvisionnements du secteur il y a 35 ans, nous avons pour objectif d'augmenter très significativement la capacité de production sur notre territoire européen. L'objectif étant de remonter de 10 % de la demande mondiale à une cible de 20 % d'ici la fin de la décennie ».
Un pari de taille sur un marché mondial des semiconducteurs, qui pèse aujourd'hui 400 milliards d'euros, et pourrait même atteindre le trillion d'euros d'ici 2030.
Reste que dans cette course face à l'Asie, qui centralise désormais la majorité de la production de composants, l'Europe n'est pas la seule à vouloir s'éveiller : les Etats-Unis se sont également fixés des objectifs plus ou moins similaires (passer de 10% de la demande mondiale à 30%).